Affaire Mérah : des journalistes valorisent la délation à l’antenne

Souad Mérah, la soeur piégée et trahie par son frère. Dans un monde à la dérive dans lequel on ne peut même plus avoir confiance en son propre frère, comment s’étonner qu’il puisse émerger des Mohamed Mérah

 

 

 

Pousser à la délation à des fins journalistiques

Vous l’aurez noté comme moi, les médias nous matraquent du matin au soir avec cet enregistrement – enregistrement provenant d’un «prétendu» journaliste dont le seul nom provoque déjà des nausées : Mohamed Sirfaoui – fait à l’insu de la sœur (Souad) du présumé coupable (il n’a pas été jugé) des crimes commis à Toulouse et à Montauban : Mohamed Mérah. En effet, nos chers médias, la plupart étant aux ordres du lobby qui, bien entendu, n’existe pas en France, se repaissent de cette information destinée à réinstaurer, à entretenir l’antisémitisme en France, et pousser ainsi les Juifs de France à un exil vers la terre promise : Israël. Sujet national, puisque François Hollande a invité le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, début novembre, à se rendre en sa compagnie à Toulouse, précisément à l’école Ozar Hatorah où eurent lieu les crimes. François Hollande avait par la même occasion offert au premier ministre israélien une véritable tribune politique, puisque Netanyahu dira publiquement : Désormais, les Juifs ont un Etat. Mettez-vous, chers concitoyens, une seule seconde à la place des Palestiniens persécutés et opprimés sur leurs terres par leurs oppresseurs sionistes. Si l’on peut évidemment déplorer et condamner fermement la violence des mots, et la haine qui en découle, sortis de la bouche de Souad Mérah, l’on peut en revanche émettre de sérieux doutes et de sérieuses réserves sur le montage et l’honnêteté de cette affaire prétendue journalistique. Mohamed Sifaoui a fait vraiment très fort. On peut également s’interroger sur l’intégrité et le professionnalisme de la chaîne française M6.

Où est la déontologie du journaliste ?

Sur un plan juridique et moral, l’on peut légitimement douter sur les règles éthiques, déontologiques, morales, d’un journaliste (réputé professionnel) sans scrupules enregistrant à son insu une jeune femme qui donnait ses sentiments personnels et intimes, dans une sphère privée, sur son frère dont on connaît la fin tragique. Ce journaliste, après avoir divisé cette famille, déjà éclatée et meurtrie, par d’adroites manipulations, a ensuite livré cette jeune femme en question à la vindicte populaire, à un lynchage médiatique et à une véritable curée entre chiens en manque de sang, de sensationnalisme, de propagandes islamophobes. Cela s’appelle un abus de confiance, une trahison, dans le but d’obtenir d’autrui des révélations intimes en recourant à des manipulations psychologiques de personnes ayant été, de surcroît, marquées et traumatisées par des événements dramatiques dans leur vie familiale et personnelle. Circonstances aggravantes, il s’agit de manipulations exercées sur des personnes fragilisées, traumatisées par des événements particuliers et effroyables. En aucun cas, le frère et la sœur (Souad et Abdelghani) ne pourraient être tenus pour responsables de quoi que ce soit.

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Abdelghani Mérah, l’homme qui se vante d’avoir piégé, trahi et vendu sa propre soeur, est invité sur tous les plateaux de télévision et honoré. Cerise sur le gâteau, il livrera également en guise d’offrande, de sacrifice, à son maître Sirfaoui, ses propres parents. Quel respect avoir envers un tel personnage déshonoré et qui sombre dans l’ignominie.

C’est toute la communauté musulmane qui est visée

Quant au frère de Mohamed Mérah : Abdelghani, auteur d’un livre (très commercial) sur son frère – le frère qui accuse le frère sur la place publique ; quelle gloire ! – se présente sur les plateaux de télévision en dénonçant (c’est de la pure délation) et en trahissant (il s’agit effectivement de traîtrise) sa sœur et ses parents. Abdelghani dira explicitement ceci : J’ai grandi dans un milieu où régnait la haine du Juif. Certes, mais dans ce cas, pourquoi n’a-t-il pas recherché à s’émanciper plus tôt des membres de sa famille ? Et pourquoi avoir attendu l’irréparable pour en parler ? Dans ces conditions, quel crédit accorder à un homme qui envoie ses frères et soeurs au bûcher et ses propres parents à l’abattoir ? Quel crédit accorder à un journaliste (Sirfaoui) qui, visiblement et indéniablement, s’est incrusté dans une famille déstabilisée, divisée et aux abois, pour la torpiller de l’intérieur et l’achever en montant ses membres les uns contre les autres ; le reportage pousse logiquement vers ce constat ? Quel crédit donner à des médias qui ne recherchent plus à connaître la vérité de cette sombre histoire, et qui ne font que relayer des informations avalisées et déclarées être l’unique vérité par le Ministère de l’Intérieur, dès l’instant où Mohamed Mérah a été surnommé un «djihadiste» terroriste ? J’ignore ce qui s’est réellement passé, tout en ayant bien sûr mon opinion personnelle, mais j’ai noté, comme beaucoup de Français, les zones d’ombre de cette affaire dite « Mérah ». Et Mérah n’a pas été jugé, donc nous ne connaîtrons probablement jamais la vérité totale. Le moins que l’on puisse dire est que cette affaire est traitée par les principaux médias et certains journalistes non pas dans le but de rechercher la vérité, mais plutôt dans l’objectif de discréditer toute une famille et à travers elle toute une communauté : la communauté musulmane de France.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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