Le candidat PS Benoît Hamon paie les erreurs stratégiques de sa campagne

Pourquoi diable, Benoît Hamon, sorti vainqueur de la primaire à gauche, a-t-il tant perdu de temps à courir après le lièvre France Insoumise au lieu de se lancer immédiatement dans sa campagne en défendant ses idées et son programme ? 

 

Stratégie de campagne incompréhensible de Benoît Hamon

L’erreur fondamentale de Benoît Hamon, à mon avis, a été celle de vouloir à tout prix se lancer dans une espèce de réunification illusoire de la gauche pour tenter de trouver une solution dans le style du programme commun des années 80, de François Mitterrand, et de la gauche plurielle, de Lionel Jospin, dans les années 90. Ainsi, beaucoup trop de temps a été perdu dans des tentatives obstinées de négociation sans fin avec la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Sachant dès le départ que les chances d’aboutir à des accords étaient très faibles — pour ne pas dire nulles — on ne comprend pas cette stratégie vouée, sans l’ombre d’un doute, à l’échec. La gauche étant éclatée, morcelée, complètement disloquée par un quinquennat plus que laborieux (même si des choses positives ont été réalisées) et une déchirure provoquée par, d’un côté, les élus fidèles à la politique conduite par François Hollande et, de l’autre, les frondeurs, la situation exigeait que l’on hiérarchisât les ordres de priorité. Et là-dessus, la confusion, les tergiversations, les temporisations ont freiné cet élan que la primaire à gauche avait pourtant donné au candidat socialiste ; un élan brisé par des erreurs stratégiques monumentales.

Benoît Hamon aurait dû défendre ses idées tout de suite après la primaire

Sorti vainqueur de la primaire, Benoît Hamon avait tout intérêt à démarrer sa campagne tambour battant sur les idées, les choix défendus dans son programme. Tardive, du fait de la bataille interminable et lassante entre un Président sortant affaibli et hésitant quant à une nouvelle candidature et son agité Premier ministre Manuel Valls, l’organisation de la primaire avait déjà fait perdre beaucoup de temps. Qu’il y ait des négociations entre les différentes composantes de la gauche, cela est normal, souhaitable et légitime. Mais ces négociations auraient dû avoir lieu en marge de la campagne et non pas dans une espèce de scénarisation journalière, aux multiples rebondissements, ayant fait le bonheur des médias politiques plus que celui des socialistes. De toute évidence, un candidat a pour objectif de convaincre les électeurs. Pour cela, il doit s’atteler à créer, le plus tôt possible, un dialogue avec ces électeurs. Aussi, Benoît Hamon a perdu trop de temps et désormais il le paie en cette fin de campagne. En effet, les sondages le placent (pour l’instant) loin derrière Mélenchon ; ce dernier n’ayant pas, quant à lui, chasser deux lièvres à la fois. Car courir après un candidat, fut-il dans le même camp politique que soi, c’est se placer de fait derrière ce même candidat. La logique est donc respectée. Mais ce retard peut-il être rattrapé ? Je répondrai oui. Alors, à Benoît Hamon de nous le démontrer.

Touhami Moualek
mtouhami – INFO PARIS

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À propos de touhami

Écrivain, penseur, humaniste, défenseur des droits de l'homme, engagé politiquement et idéologiquement. Auteur de : La Déchirure, Algérie de mon père, France de mon enfance Aux Editions EDILIVRE
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