Les débats sur l’islam sont de plus en plus stériles et insupportables

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 L’islam est utilisé par des fous fanatiques à des fins politiques qui ont une répercussion extrêmement négative sur toute la oumma. C’est indéniable et parfaitement palpable sur le terrain

 

DAESH instrumentalise l’islam à des fins politiques 

Sous couvert de l’islam, l’idée même de DAESH (E.I) s’est ancrée à travers le Monde et surtout dans l’esprit des plus extrémistes. Ce schéma d’un Etat islamique, sous forme de califat fait son chemin et trouve une résonance favorable dans les pays propices ; cela est pris comme une revanche d’un monde islamique longtemps humilié, exploité et asservi par les puissances occidentales. C’est évidemment une grave erreur d’appréciation. 

Au travers des multiples débats organisés — souvent à la hâte et au gré du calendrier des élections — il ne faut pas se contenter d’accuser, de manière subreptice, l’intégrisme et le Jihad(*), prétextant qu’ils sont une particularité de l’islam qu’il convient de traiter de manière spécifique, mais s’interroger également sur toutes les politiques passées ayant contribué à faire des Musulmans de France une « exception » contestée et mise systématiquement au ban de la société. L’Etat a une grande part de responsabilité par son ignorance en la matière et son laxisme.

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Parce que les torts sont évidemment plus que partagés. Lorsqu’une personne se sent rejetée, exclue, celle-ci se raccroche, par réflexe, à ses bases originelles, se referme sur elle-même et, pour les plus fragiles, se radicalise dangereusement. Cette personne perd ensuite tout repère et tout mode de fonctionnement apparentés à l’Occident. Elle est tentée de se donner un dessein tragique et hors du commun. C’est cette transformation subite, cette dangereuse métamorphose, dont nous sommes générateurs, qui échappe à notre entendement. Un véritable paradoxe.

Les Musulmans doivent lutter contre l’obscurantisme

Ces débats autour de l’islam, une fois de plus, n’apporteront rien car, d’une part, ils ne sont qu’un enjeu électoral et, d’autre part, ils se situent loin, très loin, des malaises et des ressentis observés sur le terrain et vécus au sein même d’une jeunesse née en France de plusieurs générations. On cherche à contrôler, à maîtriser, un islam dans les pratiques, mais on n’intervient pas dans les questions de fond qui sont celles du débat idéologique.

Tant qu’on ne sera pas capables d’intégrer dans les mécanismes de raisonnement occidentaux — c’est-à-dire d’associer aux décisions — la forte communauté musulmane de France, il y aura d’autres chants de sirène qui se feront un plaisir de lui rappeler d’où elle vient, qui elle est, et vers quoi elle doit se destiner. C’est cet espace-là, laissé libre par tous les pouvoirs politiques successifs, qui est exploité par les ennemis de l’islam n’ayant qu’un seul objectif, celui de combattre l’Occident de manière théologique et dogmatique. C’est cet espace-là qu’il faut d’urgence réoccuper. Cela passe par un assainissement des idées reçues tant auprès des Français Musulmans que des Français non musulmans. Mais il appartient aussi aux Musulmans de lutter contre l’obscurantisme.

(*) Le jihad ou djihad, également écrit jihâd ou djihâd (جهاد en arabe), est un devoir religieux pour les musulmans. En arabe, ce terme signifie « abnégation », « effort », « lutte » ou « résistance », souvent traduit à tort par « guerre sainte ».

Touhami Moualek

mtouhami – INFO – PARIS

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