Les risques et les incertitudes présentés par tous les candidats de la présidentielle 2017

Les risques et les incertitudes – Tous les candidats de la présidentielle 2017 présentent chacun à son niveau des risques et des incertitudes quant à l’avenir de la France

 

Marine Le PEN – candidate du Front National

Les risques et les incertitudes présentés par Marine le Pen. Malgré le travail accompli par Marine le Pen — fille de Jean-Marie le Pen, ancien Président du Front National — dans le but de dédiaboliser le parti pour le rendre plus fréquentable, il n’en demeure pas moins que le FN, à la vue de son histoire récente, garde l’image d’un parti d’extrême droite. Il y a bien eu des ravalements, des rafraîchissements de devanture, mais dans les arrière-salles subsistent des bastions, solidement ancrés, tenus par des skinheads et autres racistes, fascistes, xénophobes, et de violents réactionnaires dits « identitaires ». Les Français sont-ils prêts à donner les clés du pouvoir à un parti extrémiste et ensuite le conforter par une majorité à l’Assemblée Nationale ? La question est désormais plus que posée. Pour ma part, je pense, au-delà du fait qu’il s’agirait d’une première dans la Ve République, que cela conduirait inévitablement le pays dans des conflits sociaux graves aboutissant à une crise de régime aux conséquences imprévisibles pour le pays. Je ne crois donc pas à une arrivée du FN au pouvoir. Ce serait un cataclysme politique. Il y a trop d’incertitudes, même si M. le PEN bénéficie dorénavant non plus de votes protestataires mais bien de votes d’adhésion. Mais la culture française, l’esprit français et la philosophie spécifiquement française sur la liberté de conscience et d’expression interdisent, du moins en théorie, un vote pour un parti radicalement opposé à tous ses idéaux ayant fait le siècle des Lumières.  

Emmanuel MACRON – candidat d’En Marche

Les risques et les incertitudes présentés par E. MACRON. Président d’un parti né il y a un an — En Marche — Emmanuel MACRON tente le pari de rassembler des femmes et des hommes politiques de gauche, de droite et également de la société civile. Ce n’est pas une mince affaire quand on sait que la culture politique française repose essentiellement sur un clivage gauche droite. On lui reproche également son inexpérience due à son jeune âge (39 ans). Un faux procès : les compétences n’ont rien à voir avec l’âge. Le problème n’est pas là ; il se situe dans une improvisation qui rassemblerait des idéologies contraires, rivales et opposées. En France, cela n’a jamais réussi. Les ralliements à E. Macron sont divers et variés, parfois même d’avis diamétralement opposés. Le problème pour les citoyens est d’y perdre un peu leurs propres repères. En effet, il est d’usage de s’identifier à un candidat par rapport à un fil conducteur véhiculé par tous les autres candidats rassemblés autour. Dans le cas de E. MACRON, il est difficile de s’y retrouver, tellement il y a de disparités entre tous les soutiens qui lui sont apportés. De plus, comme pour Marine le PEN, la question d’une hypothétique majorité à l’Assemblée générale se pose. Cependant, E. MACRON répond à ce besoin express d’un renouveau du paysage politique exprimé par une majorité de Français. La tentation de vouloir réunir dans une même équipe des gens de tous bords est quelque chose d’excitant et de très ambitieux. Beaucoup de citoyens sont séduits et pensent que le jeu en vaut la chandelle. Pour autant, passer de l’utopie à la réalité, le réveil risque d’être très brutal.

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François Fillon – candidat Les Républicains

Les risques et les incertitudes présentés par F. FILLON. Vainqueur haut la main à la primaire de la droite et du centre, François Fillon a par la même occasion mis sur la touche deux ténors de la droite et non des moindres : A. JUPPE et N. SARKOZY. Malgré un programme socialement et économiquement douloureux, brutal et conservateur, F. FILLON était sans doute le candidat tout désigné pour cette alternative politique espérée par les Français. Toutefois, le programme Fillon (validé par le MEDEF et les Financiers) était avant tout destiné à une droite ultra radicale en vue de gagner la primaire. Lorsque la privatisation, en catimini, de la sécurité sociale, élaborée dans le programme fut mise en exergue par ses opposants, F. FILLON eut quelques peines à s’en expliquer. La dureté de son programme, passé dès lors au peigne fin, devint vite son principal adversaire. Du pain béni pour une gauche et un FN remis en selle. Mais le tournant, le début de l’enfer, la crucifixion de F. FILLON viendra par les révélations faites par le Canard Enchaîné au sujet de supposés emplois fictifs, mettant en cause Mme Fillon et deux de ses enfants. Niant et s’obstinant à jouer à fond la carte d’un complot fomenté par le pouvoir politique en place — qui instrumentaliserait la justice — et des médias, F. FILLON, celui qui s’était autoproclamé candidat de la probité, de l’honnêteté incarnée, va vite prendre l’eau de toute part et finir rejeté par la mer sur une île déserte. Ses formules choc : « Qui ose imaginer le général de Gaulle mis en examen » (destiné à N. SARKOZY) et le « Si je suis mis en examen, je retirerai ma candidature » vont lui coller au corps, comme ces costumes, estimés entre 6.000 et 9.000 €, offerts par un très « généreux » donateur. La descente aux enfers de F. FILLON s’accentue au fur et à mesure des révélations quasi quotidiennes sur cette nouvelle « Affaire Fillon » ; tous ses meetings vont être introduits par des concerts de casseroles. Qu’il soit élu Président signifierait que la France serait dirigée par un homme ayant été mis en examen, ainsi que son épouse. C’est tout simplement inimaginable, impensable.

Jean-Luc MELENCHON – candidat de La France Insoumise

Les risques et les incertitudes présentés par JL MELENCHON. On se souvient qu’en 2012, JL MELENCHON avait déjà intelligemment su tirer son épingle du jeu. Fin pédagogue, orateur très éloquent, riche d’une très grande culture générale, JL. MELENCHON sait séduire. Il propose des solutions à l’inverse des abus, d’un système capitaliste libéral, qu’il liste avec grande précision. En somme, il pointe les méfaits du système capitaliste dirigé par les Puissants et propose comme solution de réparer ces dégâts produits expressément par ce marché qui déshumanise au profit des superprofits. Il s’évertue à remettre l’homme au centre des décisions qu’elles soient politiques, par une VIe République plus citoyenne, ou qu’elles soient économiques et sociales par une meilleure redistribution des richesses et des conditions de travail plus humaines. JL MELENCHON a tout compris. Une élection présidentielle s’adresse avant tout à des hommes et des femmes. Il lui faut donc parler de l’humain et replacer ce dernier dans un rôle majeur puisqu’il serait de plus en plus menacé dans son intégrité par une mondialisation ultra marchande et un libéralisme capitaliste sauvage. Le risque, bien entendu, dans ce genre de rhétorique est de sombrer dans de la démagogie. En attendant, JL MELENCHON joue pratiquement à guichet fermé à chacun de ses meetings. Avec qui gouvernerait-il ? Aurait-il une majorité à l’Assemblée nationale ? Autant d’incertitudes que tous les autres candidats. Il peut créer la surprise et être au second tour.

Benoît HAMON – candidat du Parti Socialiste

Les risques et les incertitudes présentés par B. HAMON. Vainqueur surprise de la primaire à gauche, Benoît HAMON a pris de court Manuel VALLS, son principal rival. On sait l’homme intelligent, cultivé, ouvert et ancré à gauche, ce qui est, pour un homme de gauche, tout à son honneur. Il parle avec vérité, sincérité et authenticité. Cela le rend sympathique. Parler avec cœur aux cœurs des Français, cela mérite une attention particulière. Son atout : le revenu universel. Un projet qui rend le candidat B. HAMON encore plus humain. Mais si l’utopie est un élément essentiel aux grands rêves des hommes, la mise en pratique revient à se mesurer aux réalités du moment. Et là, on peut dire que cette bonne idée est avant-gardiste. Autrement dit, beaucoup trop en avance sur son temps pour pouvoir être réalisable. Le candidat socialiste s’est obligé, sûrement par respect pour l’électorat l’ayant désigné vainqueur de la primaire, à tenter de rassembler toute la gauche. C’était perdre son temps ; JL MELENCHON ayant rapidement décidé qu’il ferait la course en solitaire. Et ce temps perdu en tergiversations et en négociations plus ou moins avouées sera fatal au candidat socialiste. Le meeting de Bercy fera naître néanmoins un ultime un espoir ; un espoir qui sera de courte durée. Dans cette funeste pièce de théâtre, dans laquelle le PS tient le rôle principal du décapité, Manuel VALLS aura un emploi collant à merveille avec ses qualités de traître de service. En effet, il appellera à voter pour E. MACRON, reniant ainsi sa signature au bas d’un serment qui l’obligeait pourtant à soutenir le vainqueur de la primaire de la gauche. Depuis, d’autres ont également rejoint E. MACRON, trahissant ainsi B. HAMON et au-delà leur parti politique d’origine. S’il est une chose que B. HAMON, à mon sens, pourrait regretter, ce serait d’avoir cru qu’à gauche tous étaient de gauche. La preuve que non lui est parvenue. Et puis, aurait-il pu gouverner avec un PS disloqué et désuni ? Une refondation du PS s’impose donc et à laquelle B. HAMON devra prendre toute sa part.

Touhami Moualek  

mtouhami  – INFO PARIS      

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