Poitiers la ville symbole des peurs et des fantasmes

A Poitiers, Charles Martel aurait arrêté net les « barbares » et « sauvages » Arabes, ceux-là mêmes qui précisément contribuaient largement en Andalousie à l’épanouissement de la culture, des sciences, et rendaient sa noblesse à la religion monothéiste par cette profession de foi : « il n’y a de dieux que DIEU » 

 

A poitiers les « identitaires » prêchent la haine des musulmans de France

Marine le Pen, Présidente du Front National, affirme, sur les ondes de la radio RTL, ne pas partager le mode d’action du groupuscule extrémiste Génération Identitaire, car elle précise être attachée aux valeurs de la loi de 1905. Par contre, elle se dit atterrée par les réactions d’hystérie suscitées, selon elle, par la classe politique française. Ironisant, elle a ajouté : « J’aurais bien aimé qu’il y ait les mêmes réactions d’hystérie quand il y a eu des multiples occupations d’églises » ; allusion à peine voilée à la présence de sans-papiers en 1996 à Saint-Bernard (Paris) et à la Basilique Saint-Denis en 2002. Cependant, la comparaison semble plus que douteuse dans la mesure où l’occupation à Poitiers est une incitation à une haine dirigée contre une religion (islam) et des fidèles (musulmans) ; on appelle cela : islamophobie. Alors que les occupations d’églises, évoquées par Marine le Pen, ont été conduites en désespoir de cause et dans un esprit d’appel à la fraternité, à la solidarité, à la charité chrétienne, et dans l’espoir d’une protection de la part d’une religion humaniste, cela va de soi, mais aussi protectrice des pauvres et des opprimés (le christianisme). Mais bien entendu, si Marine le Pen feint de souligner ses  prétendues différences avec Génération Identitaire (simple différence de « procédé »), elle a vite rappelé ses collusions et sa proximité idéologique avec la mouvance sectaire en déclarant : « Je comprends les craintes et les préoccupations de la construction de ces gigantesques mosquées, ces « mosquées-cathédrales » avec des minarets de 22 mètres, sans d’ailleurs bien souvent que l’avis des riverains ait été sollicité. » Elle a également évoqué : « des financements contestables, soit parce qu’ils ont été financés par le biais de l’État ou de collectivités locales (?), soit qu’ils sont financés par l’UOIF qui est une branche des Frères musulmans, c’est-à-dire d’une vision radicale de l’islam. » Elle s’est prononcée pour des référendums lorsqu’il s’agit de construction de mosquées.

Charles Martel, mythe ou réalité ?

Les Musulmans de France ne sont pas, Marine le Pen, des traîtres à la Nation française. Ils sont venus s’installer en France parce que l’économie et l’industrie françaises ont fait appel à eux. Ce phénomène est humain ; il est un courant naturel observé de tout temps. Beaucoup parmi ces migrants se sont définitivement installés au sein de la société française, y vivent, y travaillent, participent activement à faire tourner l’économie ; nous pourrions en débattre. Leurs enfants, nés Français sur le sol de France, ont fréquenté les mêmes bancs d’école que n’importe quel autre petit Français et font partie prenante et intégrante de la vie sociale, politique et économique du pays. Ce qu’ils veulent, c’est tout simplement des lieux de culte dans lesquels ils puissent prier Dieu décemment, à la lumière du jour et non à l’ombre des caves. Alors, madame le Pen, recourir aux peurs, aux fantasmes, à l’irrationnel du subconscient, à une funeste mémoire collective d’un temps et d’une histoire que l’on croyait révolus, en prétextant une invasion musulmane en France, telle celle qui aurait été arrêtée par le légendaire et mythique Charles Martel, précisément à Poitiers, est plus que dangereux. C’est jouer avec le feu ; c’est s’allier avec le Diable. Car je vous le dis courtoisement mais avec fermeté, les vrais traîtres sont ceux qui n’ont qu’un maître : l’argent. Ces profiteurs, ces vendeurs de la Patrie aux plus offrants, parfois aux moins-disant lorsqu’il s’agit de compétitivité, (un mot réinventé par EUX pour mieux réorganiser la Planète à leur guise) sont ceux qui délocalisent, laissant derrière eux des centaines de milliers de gens sur le carreau. Ce sont ces gens-là qui n’ont ni patrie, ni dignité, ni honneur, ni même religion. Parce que leur religion, c’est le profit. Et l’argent et le profit n’ont ni patrie, ni frontières : ils sont devenus les clés de voûte de nos sociétés.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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À propos de touhami

Écrivain, penseur, humaniste, défenseur des droits de l'homme, engagé politiquement et idéologiquement. Auteur de : La Déchirure, Algérie de mon père, France de mon enfance Aux Editions EDILIVRE
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