La Présidentielle 2017 française est inattendue, grave et périlleuse

Jamais une élection n’a été marquée par autant d’imprévus, de surprises, de révélations, de chamboulements en tous genres, que cette Présidentielle 2017. Qui vivra verra, mais l’ère qui s’ouvre parait bien incertaine

 

 

Du jamais vu : un candidat à la présidentielle 2017 mis en examen

Présidentielle 2017. Du jamais vu et sans précédent sous la Ve République. En effet, le candidat François Fillon, suite à des suspicions d’emplois fictifs — concernant son épouse et deux de ses enfants — est mis en examen pour de lourdes charges. Son épouse madame Pénélope Fillon est également mise en examen pour à peu près les mêmes charges. Enfin, le suppléant du député Fillon, monsieur Marc Joulaud, a été mis à son tour en examen. Le compte y est ! Pourtant, on se souvient que monsieur Fillon avait dit aux Français qu’il ne se présenterait pas (une question d’honneur, avait-il annoncé) s’il était mis en examen. Reniant sa parole, il maintiendra coûte que coûte sa candidature, au grand dam d’une droite LR ainsi prise en otage ; primaire oblige. Par extension, monsieur Fillon prendra d’ailleurs toute la campagne présidentielle en otage, puisque jamais les débats de fond et les projets ne seront mis au-devant ; l’affaire Fillon (Fillon Gate) occupant inexorablement le devant de la scène politique, par de nouvelles révélations quasi quotidiennes ; les affaires s’enchevêtrant les unes aux autres. Un véritable feuilleton marathon Fillon.

Pour la première fois gauche et droite seraient éliminées dès le premier tour et le Front National serait aux portes du pouvoir, même si rien n’est joué

Présidentielle 2017. Le Front National, longtemps en tête au premier tour dans les sondages, semble désormais dépassé par le candidat Emmanuel Macron du parti En Marche créé il y a un an. Mais prudence, nous savons que le FN a toujours été sous-évalué dans les sondages et il compte beaucoup d’électeurs qui n’avouent pas voter pour lui (vote caché). Quant à la droite et la gauche républicaines (traditionnelles), qui présentaient chacune un candidat sorti vainqueur des primaires, elles ne seraient pas qualifiées pour le second tour. Monsieur Fillon pour deux causes : ses ennuis judiciaires et son programme « tueur », et monsieur Hamon pour cause d’un démantèlement du PS dû à une brutale scission que Manuel Valls a dénommée « les deux gauches irréconciliables » ; en fait, une dislocation provoquée par une bataille acharnée ( et rangée) entre « subordonnés » et « frondeurs. »    

L’effondrement foudroyant d’une bipolarité (gauche droite) désarçonne et sème le flou, le trouble, au sein de la communauté française

Présidentielle 2017. Nous, les aînés, qui avons grandi avec un paysage politique formé essentiellement par deux axes : la gauche progressiste et la droite conservatrice, nous nous trouvons quelque peu désorientés et en manque de repères. Il est évident que Emmanuel Macron cherche à attirer sur sa candidature des femmes et des hommes venant de gauche et de droite (centre compris). La démarche est à la base louable mais elle comporte d’énormes risques. On sait qu’il y a eu par le passé des tentatives dans ce sens ; elles n’ont jamais abouti. Par ailleurs, le péril majeur est que nous sommes privés, visiblement et manifestement, de débats idéologiques et c’est pourtant bien là-dessus que repose en grande partie tout système politique. Le succès actuel de Emmanuel Macron est également dû au contexte national : tous pourris et corrompus, selon la formule consacrée) et international : mondialisation, incertitude politique des grande puissances (USA compris) et montée du nationalisme, en Europe notamment. Il est donc fort à parier que nous reviendrons à des débats d’idées d’un clivage gauche droite dès que toutes ces instabilités séquentielles et inopinées auront disparu. Parce que la culture politique, la conscience politique française, depuis la Révolution, est bel et bien ancrée sur une gauche traditionnellement laïque et une droite qui s’accroche — bien sûr aux libertés également — à un héritage plutôt d’origine catholique (Croyants). Mais entre les désespérés qui vont se réfugier auprès de Marine le Pen —  comme si celle-ci pouvait les protéger —, les oubliés qui rejettent tous leurs maux sur l’UE et les nantis qui misent tout sur Fillon le purgatif, nous sommes quand même bien dans une situation qui ressemble étrangement à celle de la lutte des classes. Et le pire serait à venir.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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À propos de touhami

Écrivain, penseur, humaniste, défenseur des droits de l'homme, engagé politiquement et idéologiquement. Auteur de : La Déchirure, Algérie de mon père, France de mon enfance Aux Editions EDILIVRE
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