Alain Finkielkraut stigmatise encore les jeunes des banlieues

Finkielkraut

Décidément, les jeunes des banlieues hantent Alain Finkielkraut et l’empêchent même de dormir. Il ne se passe pas une journée sans qu’il ne les exècre 

 

Alain Finkielkraut, le multirécidiviste 

Alain Finkielkraut, aveuglé par sa haine des Arabes, des Blacks et de l’Islam, récidive. Souvenons-nous : interrogé par le journal israélien Haaretz au cours des violences urbaines en 2005, il dira : « L’équipe nationale de football black, black, black (par opposition à Black, Blanc, Beur) est la risée de l’Europe ». Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, déclarera en soutien à son grand ami : « Alain Finkielkraut fait honneur à l’intelligence française ». De quoi vomir pendant une semaine. Horrifié, écœuré, meurtri – de voir des gamins jeter des pierres parce qu’ils se sentent exclus, discriminés – par ces deux compères, j’ai eu pour ma part, en substance, cette réaction : « Monsieur Alain Finkielkraut, ce sont justement les maux produits par de tels mots, en l’occurrence les vôtres, qui poussent cette jeunesse à la révolte. » En effet, déniant le caractère social ayant poussé à de telles révoltes urbaines, Alain Finkielkraut tentera, enfermé dans sa logique sectaire et doctrinaire, d’expliquer ces dramatiques événements en prétendant que leurs origines sont uniquement d’ordre ethnico-religieux. Il s’en prendra violemment aux Noirs et aux Arabes. D’éminents sociologues lui apporteront les preuves du contraire : ces troubles ne s’expliquent que par des facteurs sociaux.

Alain Finkielkraut rechute

Et voilà, alors que l’équipe nationale de football est malade, perdue, désœuvrée, en proie à une implosion de l’intérieur qui couvait depuis quelques années déjà (2007), et donne un piètre spectacle d’elle en Afrique du Sud, monsieur Alain Finkielkraut rechute dans sa maladie chronique, due à un racisme anti-black, anti-beur, anti-islam, et nous explique les malaises profonds français qui, selon lui, seraient dus à une prise en otage de l’équipe nationale par les cités hors-la-loi des banlieues ; ces cités habitées, naturellement, par des personnes indignes d’être des citoyens Français, parce mal éduquées, et ne respectant pas les lois de la République. Et Nicolas Anelka, quelle chance pour Alain Finkielkraut, est justement black et musulman ! Quelle aubaine ! Occasion en or à ne pas rater, et bien sûr notre philosophe carnassier, nourri de chair de Noir et d’Arabe, s’est jeté sur l’occasion pour nous désigner, à l’image des Juifs qui chargeaient des boucs de tous leurs péchés et les lâchaient dans le désert, les boucs émissaires idéals. Monsieur Alain Finkielkraut, qu’est-ce que les cités et les banlieues viennent faire dans cette histoire ? N’en avez-vous pas assez de déverser votre haine sur les banlieues ? Vos déclarations sont non seulement dangereuses, mais elles sont indignes d’un homme qui se dit philosophe et qui, par définition, devrait tenter de donner un sens objectif à toute chose.

Le journal « l’Équipe » porte une lourde responsabilité morale dans ce fiasco médiatique, et la fédération française de football, en ayant hâtivement sanctionné Nicolas Anelka, s’est couchée devant le diktat de la Presse. Oui, les propos de Nicolas Anelka, s’ils sont avérés, sont inadmissibles. Il le sait lui-même. Mais nous sommes en plein Mondial et l’exclusion d’un joueur est quelque chose de très grave. Des sanctions, a postériori, auraient été plus adaptées à la situation. Et le refus des joueurs de s’entraîner, solidaires avec leur coéquipier exclu, traduit toutes les incompréhensions, les incohérences, les fautes, les peines, les amertumes des uns et des autres, accumulées d’année en année. Et les vrais responsables sont ceux qui ont laissé pourrir la situation. Raymond Domenech n’est pas le seul responsable de cet échec sans précédent ; un échec qui ne touche pas seulement le côté sportif puisqu’il a montré au monde entier une image terne et détestable de l’ambiance française actuelle.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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