Après l’émotion l’action doit continuer et suivre son cours

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L’émotion suscite le désarroi, la confusion, l’émoi et la compassion. Pourtant, une fois l’émotion passée, tout s’arrête et se fige. L’humain oublie et évacue ce sentiment d’une appartenance à une humanité. Or, l’émotion devrait être suivie par des actions concrètes 

 

 

L’émotion transcende mais à court terme

L’émotion est quelque chose que l’on vit sur le moment, sur l’instant présent, lorsque l’âme et l’esprit, ensemble, s’élèvent pour réclamer l’arrêt des souffrances, des injustices, des barbaries qui nous agressent, nous transforment en victimes directes. Ces sentiments-là, nous les éprouvons tous quand nos consciences se télescopent avec de rudes et cruelles réalités. Mais éphémère et comparable à une brève vie d’un papillon printanier, l’émotion retombe dès qu’elle cesse de nous toucher en plein cœur et d’alerter nos règles morales individuelles.

Tel du bois qui s’embrase, se consume vite, laissant place à de la cendre, les flammes vives de l’émotion s’éteignent dès que les événements, qui nous ont ébranlés émotionnellement, dans nos esprits et au tréfonds de nos âmes, cessent d’interagir avec nous-mêmes.

Les combats pour la justice exigent une assiduité dans le temps 

Surviennent l’entretien et le prolongement des luttes continuelles : des combats quotidiens qui ne doivent jamais cesser, jamais s’interrompre, toujours se maintenir à un niveau de réactivité ultime. Car le danger, après la tempête, serait le relâchement dû à un apaisement, une accalmie intermittente. Parce qu’Israël recommencera ses crimes ; il recommencera puisqu’il se sait dans une totale impunité. Le monde a déjà les yeux rivés sur DAECH, le nouveau « Mickey mouse » américain ; l’attrape nigaud, le défouloir, le « c’est à cause d’eux que tout va mal. »

GAZA a été durement frappée, durement meurtrie, anéantie au cours de l’été 2014. Le régime sioniste d’Israël a bombardé, massacré hommes, femmes et enfants, à bout portant, sans que ces derniers aient eu la moindre chance de s’en sortir vivants. La barbarie sioniste a une nouvelle fois franchi l’infranchissable, l’inimaginable. Trop, c’est trop ! Nous avons vu l’inhumain se réaliser en spectre de la mort, et nous l’avons mal vécu, perçu comme une punition collective envers tout le monde musulman et particulièrement le monde arabe. Nous en avons souffert et nos colères, nos dégoûts, nos révoltes, nos suppliques et nos prières ont été lâchés dans les rues, à travers la Planète. Avons-nous été entendus ? 

Le pire qui pourrait désormais arriver serait de laisser mourir cette émotion qui a suscité en nous tant de larmes, de fraternité, tant de solidarité et d’acharnement au nom de la justice et de la paix. Nous nous trahirions nous-mêmes, nos amis et frères Palestiniens, et renoncerions à ce qui fait de nous, dans ce monde parti à la dérive, des humains : notre émotion à l’état pur.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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