Des élus français au service de Gilad Shalit sans état d’âme

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Gilad Shalit acclamé comme un héros alors qu’il revient d’Israël pays dans lequel il était allé se battre contre les Palestiniens. Gilad Shalit parle hébreu, vit en Israël et ne connait pas un mot de français, contrairement à Salah Hamouri qui lui vit en France

 

 

Gilad Shalit un soldat israélien avant tout

Engagé militairement pour le compte d’un autre pays que la France : Israël, Gilad Shalit a été fait prisonnier — et non pas otage !, terme inapproprié volontairement utilisé par des médias aux ordres des puissants lobbies — par les résistants du Hamas. C’est alors que nous avons appris que ce jeune soldat était un binational : franco-israélien. Sur le papier seulement, puisque Gilad ne parle (ou en tout cas ne parlait) pas un mot de français. Et l’on nous rebat les oreilles avec les droits mais également les devoirs, en visant expressément la communauté maghrébine, alors que dans cette affaire de Gilad Shalit la nationalité française ne sert que de droit à porter secours à un prisonnier qui n’avait qu’un seul devoir en tête, celui de se mettre au service de Tsahal, armée israélienne qui occupe illégalement la Palestine. Des hommes politiques français ayant prêté allégeance aux sionistes et au sionisme iront jusqu’à se servir des murs des mairies (hôtel de ville des citoyens de la République) pour afficher en grand la photo de Gilat Shalit. Quel culot et quelle audace !

Salah Hamouri citoyen français oublié par tout le monde

Personne, d’entre ces misérables judas de France, ne fera rien pour un autre détenu franco-palestinien, un étudiant : Salah Hamouri. En effet, le 13 mars 2005, alors qu’il se rendait à Ramallah, Salah est arrêté une troisième fois. Il passera trois mois en isolement et en interrogatoire, une technique de sape israélienne des plus sordides. Il est accusé de complot contre le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux d’extrême droite SHAS, sur le seul fait qu’il est passé devant le domicile de ce rabbin en voiture trois mois auparavant. Salah Hamouri sera également accusé d’une présomption d’appartenance à un mouvement de jeunesse prétendu proche du FPLP et dont Salah Hamouri n’a jamais été membre. Il connaîtra tour à tour camp, prison, centre d’isolement. Après une vingtaine d’audiences repoussées faute de témoins et de preuves, Salah Hamouri sera condamné le 17 avril 2008 à sept ans de prison pour « complot  et appartenance aux jeunesses du FPLP ». Une espèce de compromis qu’il acceptera en plaidant « coupable », car il risquait d’être condamné à bien plus s’il refusait cette « offre ». Ainsi, Salah Hamouri a été jugé par ses propres oppresseurs, par un tribunal militaire, et gardé dans les geôles (à Shana) sans qu’il y ait eu le moindre début d’indice et de preuve de sa culpabilité. C’est un prisonnier politique ; preuve que l’État juif d’Israël n’est pas une démocratie. Et contrairement à l’affaire Gilad Shalit, l’Élysée et les officiels français n’interviendront pas pour demander la libération de Salah Hamouri, ou ne le feront qu’à demi-mot, pour ne pas trop gêner leurs acolytes sionistes israéliens. Quelle injustice ! Quel mépris pour notre République ! Cette égalité entre citoyens, où est-elle ? Nous la cherchons désespérément ! Les clans Sarkozy n’ont fait qu’accentuer ces deux poids deux mesures de plus en plus insupportables.

BFMTV entre mensonges et désinformations

Et pendant ce temps, sur la chaîne de télévision BFM, le journaliste chroniqueur Olivier Mazerolle nous explique que cette libération de Gilad Shalit fait beaucoup de publicité au Hamas, considéré comme un obstacle à la paix par le journaliste lui-même (prise de position délibérée). Faut-il rappeler, une fois de plus, qu’à l’instar des Résistants français qui combattaient le nazisme (j’ose la comparaison car aujourd’hui elle s’impose d’elle-même compte tenu de tous les crimes de guerre commis par les dirigeants sionistes israéliens) les partisans du Hamas résistent à leurs oppresseurs et colonialistes sionistes. Les dirigeants du Hamas ont d’ailleurs été démocratiquement élus. Faut-il également rappeler que M. Mahmoud Abbas, interlocuteur privilégié des Occidentaux — et d’Olivier Mazerolle pour l’occasion, — n’a absolument rien obtenu de probant de la part des Israéliens. Pas d’État. Pas de Jérusalem-Est. Pas de retour des réfugiés. Pas d’arrêt des colonies (au contraire elles continuent de plus bel). Pas de retour aux frontières de 67. Il n’a obtenu que mépris, menaces, insultes et humiliations. Et dans ce cas, nous sommes nombreux à préférer ceux qui résistent à ceux qui plient.

Nous avons eu également l’intervention de Mme Ruth Elkrief qui elle a salué le courage de certains hommes politiques français. «Pourquoi courage ?» lui a demandé le présentateur plutôt étonné. «Parce qu’en France, il y a des populations françaises pro-palestiniennes et qu’il a donc été courageux de prendre position pour la libération de Gilad Shalit» a-t-elle répondu. Incroyable ! Hallucinant ! Mais madame, il y a en France des pro-palestiniens comme il y a, tel vous-même, des pro-sionistes israéliens. Où est le problème ? Les pro-israéliens détiennent le pouvoir en France ; vous ne le savez peut-être pas ? C’est en vérité bien étonnant.

Qui importe la guerre Israélo-palestinienne en France ?

Il est reproché aux pro-palestiniens d’importer le conflit du Proche-Orient en France. Mais lorsque des élus du peuple affichent en grand sur les murs des mairies la photo de Gilad Shalit, qui importe le conflit ? Et quand des miliciens de la LDJ (Ligue de Défense Juive) et du BETAR clament haut et fort sur la place publique qu’ils se rendent en Israël pour aider leurs frères juifs à combattre les Palestiniens et à exterminer les Arabes, je pose la question : qui importe le conflit ? Je pourrais continuer ainsi longtemps. Mais ce qui est encore plus choquant est le fait qu’il me semblait qu’un journaliste se devait d’adopter une neutralité et faire preuve d’impartialité dans l’information qu’il donne. Et là également, qui importe le conflit israélo-palestinien en France ?

Madame Caroline Fourest, lorsque vous dites qu’il ne faudrait pas se mêler des affaires entre Palestiniens et Israéliens, car cela ne fait que servir les causes des extrémistes des deux côtés, je serais presque d’accord avec vous. S’il y avait des luttes à armes égales, vous auriez raison. Mais dans le cas présent, nous dénonçons les méthodes israéliennes consistant à régner par la force, à mater toute résistance légitime d’un peuple, à coloniser, à emprisonner des femmes avec leur nourrisson, à isoler des enfants, à ne se conformer à aucune résolution du Conseil de sécurité, à encourager les déplacements et les exils de population, à pratiquer l’apartheid et la ségrégation ethnique, à dénier le droit d’un peuple à exister, bref à commettre les pires crimes contre l’humanité. Et si vous étiez une journaliste objective et dotée d’une éthique et d’une déontologie dignes de ce nom, c’est vous qui dénonceriez tous ces crimes. Il est clair que vous avez choisi votre camp.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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