En Algérie François Hollande restaure l’honneur de la France

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François Hollande, devant le parlement algérien le 20 décembre 2012 : un discours historique pour la France et l’Algérie. Enfin ! Je m’en félicite et m’en réjouis. Reste désormais une reconnaissance claire des crimes commis en 132 ans de colonialisme

 

 

En France le colonialisme reste un sujet tabou

Nicolas Sarkozy s’était rendu en visite officielle en Algérie — du 3 au 5 décembre 2007 — après avoir vanté, en France et dans un discours très controversé « les mérites du colonialisme ». Sur le sol algérien, il reconnaîtra que le colonialisme était « profondément injuste [et] contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité ». Une manière implicite de reconnaître les crimes commis par la France au nom de ce système colonial. Pour autant, il n’y aura pas d’excuses ou de demande de pardon formulées explicitement par la France. Ce que les personnes lobbyistes, hostiles à cette idée d’une reconnaissance qu’il y ait eu des crimes, prénomment : la repentance. Subterfuge, duperie et ruse par l’utilisation d’un vocable inapproprié, voire provocateur. Car entre reconnaître des faits historiques (établis par des Historiens) et se repentir, ce n’est pas du tout pareil. Derrière le mot « repentance » se cachent les « voleurs de mémoire » ; ceux qui refusent que l’on reconnaisse quelque crime que ce soit. Pourtant, tous ces pieds-noirs, ces séfarades, ces Européens venus s’installer en Algérie d’un peu partout (comme on partait à la « conquête de l’Ouest » d’Irlande vers l’Amérique), ont été les seuls responsables de leur propre malheur. En effet, s’ils avaient eu, en majorité, des comportements exemplaires, sans doute seraient-ils encore en Algérie. Le discours de Nicolas Sarkozy, même si je ne le partage pas, a au moins l’avantage d’être clair à défaut d’être satisfaisant.

François Hollande, Président de la république française, lui, dira entre autres, devant le Parlement algérien, le 20 décembre 2012, jour qui restera dans les annales : « Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal ». Ajoutant : « le 8 mai 1945, [à Sétif] le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles », a poursuivi François Hollande. La vérité, « elle doit être dite aussi sur les conditions dans lesquelles l’Algérie s’est délivrée du système colonial, sur cette guerre qui, longtemps, n’a pas dit son nom en France, la guerre d’Algérie ».

Autre fait marquant du discours du Chef de l’État : « Nous avons le respect de la mémoire, de toutes les mémoires », a-t-il insisté. « Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, les injustices, les massacres, la torture. » « Connaître, établir la vérité, c’est une obligation, elle lie les Algériens et les Français. C’est pourquoi il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives », a encore déclaré François Hollande. « Une coopération dans ce domaine » doit être « engagée, poursuivie et que progressivement cette vérité puisse être connue de tous. » « La paix des mémoires à laquelle j’aspire repose sur la connaissance et la divulgation de l’histoire », a-t-il dit.

On voit bien qu’il n’y a pas de repentance, mais uniquement la reconnaissance de faits historiques et moraux. L’honneur de la France en ressort grandi. Il fallait le faire. Cela a été fait. Pour ma part, je considère que cela est suffisant pour inciter à de véritables excuses qui permettraient enfin de passer à autre chose. Celles et ceux — et il y en aura beaucoup — qui verront une humiliante repentance française accordées aux Algériens, seront sûrement ces mêmes éternels revanchards de l’histoire. Ces gens ont perdu une première fois, sans doute s’ils ne reviennent pas à plus de raison, perdront-ils une seconde fois, parce cette fois-ci ils passeront à côté de la réconciliation définitive entre la France et l’Algérie. J’adhère donc à ce discours salutaire prononcé par un homme digne et responsable : Monsieur François Hollande.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

 

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