Lufthansa et Germanwings piégés par un système de sécurité

Germanwings Airbus Flight A320 plane crash

Lufthansa et Germanwings – Qu’est-ce qui peut pousser un être humain à se suicider et de surcroît à entraîner dans sa mort des dizaines d’autres vies ? La folie, probablement. Mais à travers cette tragédie, n’est-ce pas les terroristes qui auraient déjà gagné puisque c’est en tentant de déjouer des attentats que l’aviation commerciale civile s’est piégée et avec elle tous ses passagers ? 

 

 

Mesures de sécurité à bord imposées après le 11/09

Le suicide peut être interprété comme un acte désespéré, une délivrance des souffrances extrêmes liées à des passages difficiles durant une vie ; ces souffrances peuvent être d’ordre moral, sentimental, affectif, matériel ; de terribles malaises se transformant en un mal-être, une espèce de dégoût, conduisant à baisser les bras en se livrant à la mort. Le suicidaire serait une personne ayant un problème avec elle-même. Dans la quasi majorité des cas, lorsqu’il y a passage à l’acte, les premiers surpris et étonnés sont les proches. En effet, ceux-ci tombent tous des nues et affirment : « Nous n’avons rien décelé, rien détecté d’anormal. » Pour cause, la personne qui décide de mettre fin à ses jours ne le crie pas sur les toits, elle garde le secret jusqu’au jour fatidique. Elle emporte avec elle ses secrets.

A la suite des attentats du 11 septembre, des mesures de sécurité draconiennes ont été prises notamment à bord des avions de lignes civils, sur recommandation des Américains. Ainsi, une porte blindée protégeant le cockpit logeant le commandant de bord et le copilote est installée systématiquement. Un sas résistant aux balles et que l’on ne peut ouvrir qu’à l’aide d’un code digital confidentiel, et muni d’une possibilité de verrouillage de l’intérieur qui condamne de manière irréversible toute possibilité d’entrée y compris par code confidentiel de secours prévu à cet effet. Et c’est, semble-t-il, le scénario qui s’est déroulé à bord de l’Airbus A320 de la compagnie Germanwings, filiale de la Lufthansa. Une fois sorti de son cockpit, le commandant de bord n’était plus en mesure de regagner sa cabine de pilotage parce que le copilote, resté seul, avait verrouillé la porte blindée.

La Germanwings, filiale de Lufthansa, piégée par sonpropre système de sécurité

Ce commandant de bord, les passagers, les membres d’équipage, nous tous (nous aurions pu être dans cet avion), ainsi que la Lufthansa et Germanwings, avons été piégés, victimes d’un système de sécurité censé normalement protéger. Terrible ironie du sort. Des corrections seront évidemment apportées afin d’éviter d’autres drames de ce type. Mais la question posée est bien celle-ci : au-delà de la sécurité des passagers, enjeu majeur de toute compagnie d’aviation responsable, les terroristes n’ont-ils pas déjà gagné puisque nous sommes désormais asservis aux risques qu’ils nous font courir et que nous tentons, tant bien que mal, de déjouer. Ne sont-ils pas (les terroristes) devenus les maîtres et nous les esclaves ? Car même si ce crash tragique n’est pas, a priori, un attentat terroriste, il est directement lié à des mesures qui ont été prises pour lutter contre le terrorisme international. Mais il faut bien entendu, pour rester honnête, s’interroger sur toutes les formes de terrorisme, y compris celles du capitalisme. Car en effet, comment concevoir qu’une grande compagnie, qui plus est de la dimension et du sérieux de la Lufthansa, puisse mettre entre les mains d’un homme, suivi en psychiatrie, des dizaines de vie humaines. C’est totalement incompréhensible.  

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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