Une intégration réussie de citoyens français pourtant discriminés

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L’intégration a réussi, ce sont les comportements qui n’ont pas changé. La France cesserait d’être une vitrine pour le monde dès lors qu’elle ne permettrait plus aux hommes de rêver mais se mettrait à rêver pour eux

 

Article 1 de la Constitution :
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.

De quelle intégration s’agit-il ?

De quelle intégration parle-t-on encore en France ? C’est à se demander si ce sempiternel sujet sortira un jour du discours politicien pour revenir dans le domaine social, son rang normal et naturel. A force d’instrumentaliser à des fins politiciennes ce dossier, nous sommes parvenus au point où l’on se demande qui est Français et qui ne l’est pas. Une question éminemment infondée et dangereuse dans la mesure où les prétendus Français de souche trouvent dans ce questionnement vide de tout sens un véritable prétexte pour tenter de dresser les uns contre les autres. La responsabilité, l’irresponsabilité même des politiques, apparaît donc évidente. Ces discours de stigmatisation placent d’emblée ces hommes et ces femmes dans une position anticonstitutionnelle et antirépublicaine. La Constitution française ne reconnait, en effet, que des citoyens français et rien d’autre.

Parler d’une intégration à un (ou une) jeune français dont les parents et les arrières grands-parents sont nés en France est tout simplement déplacé, insultant, et est un acte anticonstitutionnel, puisque la Constitution républicaine ne reconnait que des citoyens [Hommes] nés libres et égaux en droit. Entonner également le refrain : Français d’origine étrangère ou bien Français de confession musulmane est tout aussi répréhensible au vue de la Constitution française puisque celle-ci, là encore, ne reconnait que des citoyens à part entière en dehors de tout autre critère qu’il soit philosophique, religieux, politique, et de couleur de peau. Par conséquent, tous ces journalistes, ces piètres philosophes (qu devraient normalement nous éclairer), ces politiques  zélés — enfermés non plus dans des convictions politiques mais des thèses racistes —, ces soi-disant spécialistes de telle ou telle matière qu’ils essaient de nous faire gober, ces prétendus artistes qui pactisent parfois le Diable (pour preuve : Aubert, un chanteur et Houellebecq, un écrivain islamophobe), sont donc tous des hors-la-loi et devraient, dans un pays qui respecterait ses règles et ses lois, être traduits devant un tribunal populaire et républicain. Ils ne le sont pas car leur cause est légitimée, avalisée et cautionnée au plus haut sommet de l’État.

Un déni de réalité

De même, affirmer qu’aucune intégration n’aurait pas, en France, fonctionné, relève non seulement du pur mensonge mais aussi d’un déni de toute réalité. En effet, ces jeunes citoyens français, nés en France de parents français, quelles que soient leurs origines, leurs croyances et la couleur de leur peau, sont parfaitement intégrés à la société française et n’aspirent, comme n’importe quel autre citoyen, qu’à y réussir leur vie en trouvant leur place. En quoi ne seraient-ils pas intégrés à ceux désignés de manière machiavélique et fourbe comme des Français de souche ? Très franchement, je ne vois pas. Il n’y a plus guère que ces quelques personnalités publiques, souvent connues et reconnues pour leur phobie de l’islam et des Musulmans — d’ailleurs elles-mêmes sont issues de l’immigration (ces personnes se reconnaîtront) —, qui osent encore braver ce truisme et tenter de nous embarquer dans leurs raisonnements fielleux, nocifs et haineux, selon lesquels l’islam (donc les Musulmans) seraient incompatible avec les lois de la République. Vaste programme! Je leur rappelle que la religion relève du domaine social privé et qu’elle est de surcroît garantie par la Constitution (le libre exercice des cultes). Tout ce joli monde, ce gratin, est pris la main dans le sac et se retrouve hors-la-loi en se comportant de manière anticonstitutionnelle. Si bien que la question qui me vient à l’esprit est celle-ci : comment ces gens peuvent-ils contester la nationalité française à d’autres quand eux-mêmes ne respectent pas la Constitution de leur pays ?
Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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