Israël conduit la politique du pire au Moyen-Orient

a0-628-gaza-3-mai-2012

Quel avenir pour le Proche-Orient ? Israël, depuis 1948, n’a pas su ou voulu se faire admettre par ses voisins et n’utilise qu’une option pour se faire une place : la force. La politique du pire conduite par Israël déstabilise toute la région et est un obstacle aujourd’hui évident à la paix avec les Palestiniens

 

 

Israël n’est-il pas lui-même le principal obstacle à la paix ?

Israël. Le monde entier a vu la sauvagerie et la barbarie avec lesquelles les sionistes israéliens ont attaqué la flottille humanitaire. En effet, pour tenter de briser le blocus imposé par Israël, ce qui n’est en définitive qu’une punition collective infligée à tout un peuple, des humanistes tentent, d’une part, d’apporter du matériel et de la nourriture à plus d’un million d’individus privés de liberté et de vivres, et, d’autre part, d’alerter l’opinion internationale sur les drames qui se jouent en ce moment au Proche-Orient.

Que reproche-t-on aux Palestiniens de Gaza ? D’avoir démocratiquement élu des membres du Hamas. Aussitôt les résultats connus, Israël s’est empressé de demander à ses alliés occidentaux de ne pas reconnaître la légitimité des urnes accordée par le peuple palestinien au mouvement du Hamas. Cette démarche n’est pas démocratique ; elle est au contraire antidémocratique. L’erreur politique des Occidentaux a été de suivre les Israéliens dans leur logique de rejet et de suprématie sur les autres : on choisit les interlocuteurs avec lesquels négocier et surtout on évince toutes celles et tous ceux qui parlent réellement de paix. Les Israéliens prétendent que le Hamas est une organisation terroriste avec laquelle il ne faut pas discuter. Technique de pointe employée par les sionistes pour s’éviter des débats dans lesquels ils seraient vite laminés. Les Israéliens prétendent également que les Palestiniens n’obtiendront rien en votant pour le Hamas. Question à poser aux sionistes : quelles avancées et surtout quelles faveurs (si j’ose utiliser ce mot) les Palestiniens ont obtenu avec le Fatah dirigé par Mahmoud Abbas ? Rien. Au contraire, les colonies continuent, y compris à Jérusalem, et Israël n’a jamais été autant arrogant, méprisant. 

Un Etat qui ne respecte pas le droit international, qui bafoue toutes les résolutions votées à son encontre au Conseil de Sécurité, qui pratique l’Apartheid (un non Juif n’a pas les mêmes droits qu’un Juif), qui colonise, qui déporte, qui expulse, qui humilie et qui fait régner la terreur, n’est-il pas indécent pour cet Etat de traiter les autres de terroristes ? En  1948, les Palestiniens ont refusé cet Etat d’Israël qu’on leur a imposé par la force. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ben Gourion lui-même dira plus tard, et c’est tout à son honneur : « Si j’étais Arabe, je n’aurais jamais accepté qu’on vienne s’installer chez-moi. C’est normal, nous leur avons pris leurs terres. » Pour ne pas se contredire et pour ne pas déshonorer les martyrs palestiniens tombés pour leur patrie, le Hamas perpétue cette mémoire dans la lutte et la résistance. Mais le Hamas dit aussi : « Aujourd’hui, l’Etat d’Israël existe, c’est un fait. » Cela signifie : nous devons en tenir compte. Aussi, le Hamas a proposé aux Israéliens de tenter une expérience en signant un accord de paix étalé sur une trentaine d’années. Ensuite, si les choses évoluent normalement, ce que l’on peut imaginer le temps accomplissant son oeuvre, les deux Etats pourraient alors vivre et cohabiter dans la paix et la justice. Israël a refusé cette proposition. Les dirigeants du Hamas veulent réellement la paix. Les sionistes ne veulent pas de la paix, au contraire elle est leur ennemie. Seul le « Grand Israël » les intéresse. D’ailleurs, voyez sur une carte et dites-moi quelles sont les frontières d’Israël. Pour ma part, je suis incapable de les localiser : elles sont extensibles à l’infini. Les dirigeants du Hamas ont dit aux Israéliens : « Lorsque vous voudrez parler de paix, alors adressez-vous à nous ». 

La création d’Israël par l’ONU est un fait politique sans précédent

Pourquoi focaliser sur le conflit du Proche-Orient, alors qu’il existe bien d’autres conflits à travers la planète ? On peut évidemment parler de tous les autres conflits, ce n’est pas interdit, cela est même recommandé. Mais concernant les Palestiniens, ceux-ci, d’une part, souffrent depuis trop longtemps en étant les victimes des pires injustices, et, d’autre part, la création de l’Etat d’Israël a une particularité : elle est sans précédent dans l’histoire. En effet, à la fin de la seconde guerre mondiale (39/45) les principales puissances militaires se sont concertées, sur pression des sionistes, et ont décidé entre elles (de manière arbitraire) d’un transfèrement d’une population, la diaspora juive, notamment d’Europe, vers la Palestine. Et sans demander leur avis aux Palestiniens, ces mêmes puissances ont fait voter à l’ONU la création d’un Etat d’Israël. A noter que beaucoup de pays arabes et musulmans ne purent prendre part au vote puisqu’ils étaient sous tutelle coloniale. Puis, devant la réaction légitime des Palestiniens arabes de refuser un tel « Etat » de fait, l’Occident aidera militairement les Juifs à résister aux Arabes, puis à s’installer durablement en Palestine. Viendra ensuite la guerre des « six jours » qui permettra à Israël, toujours armé et aidé par les puissances occidentales et principalement l’Amérique (6e flotte), d’occuper des territoires normalement palestiniens dans la partition de 1947. En échange d’une paix juste et durable, l’ONU adopta (en 1967) 2 résolutions majeures et significatives :

I)   Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le Conseil de sécurité adopta la résolution 237 dans laquelle il demandait à Israël de garantir la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des régions dans lesquelles avaient eu lieu les opérations militaires et de faciliter le retour des personnes déplacées. Les gouvernements intéressés étaient invités à observer scrupuleusement les principes humanitaires régissant la protection des personnes civiles en temps de guerre contenus dans la quatrième Convention de Genève de 1949. A sa cinquième session extraordinaire d’urgence convoquée après le déclenchement des hostilités, l’Assemblée générale demanda aux gouvernements et aux organisations internationales de fournir des secours humanitaires d’urgence aux personnes affectées par la guerre. L’Assemblée générale demanda par ailleurs à Israël de rapporter toutes les mesures déjà prises et de s’abstenir de prendre toutes autres mesures de nature à modifier le statut de Jérusalem.

II) La même année, le 22 novembre, le Conseil de sécurité adopta, après de longues négociations, sa résolution 242 qui posait les principes d’un règlement pacifique au Moyen-Orient.

Cette résolution stipulait que l’instauration d’une paix juste et durable devait comprendre l’application de deux principes :

  • Le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ; et 
  • La cessation de toutes assertions de belligérance ou de tous états de belligérance et la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’actes de force.

La résolution affirmait aussi l’inviolabilité territoriale de chaque État de la région et la nécessité « de réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ».

L’Égypte et la Jordanie acceptèrent la résolution 242 et exigèrent un retrait israélien de tous les territoires occupés lors de la guerre de 1967 comme condition préalable aux négociations. Israël, qui accepta également la résolution, déclara que la question du retrait et celle des réfugiés ne pourrait être réglée que par des négociations en direct avec les États arabes et par la conclusion d’un traité de paix global. La Syrie rejeta la décision du Conseil, faisant valoir que celui-ci avait subordonné la question centrale du retrait israélien à des concessions exigées des pays arabes. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) critiqua énergiquement la résolution qui, à son avis, ramenait la question de Palestine à un problème de réfugiés. 

Les colonies israéliennes continuent au mépris du droit international et des résolutions onusiennes 

Aujourd’hui encore, Israël continue de coloniser par des occupations de sol en construisant toujours plus de colonies juives, et dénie tout droit d’exister aux Palestiniens. Tous ces rappels historiques me semblent importants dans la mesure où ils aident à mieux comprendre ce conflit qui s’éternise. Israël a le droit d’exiger de vivre en sécurité, tout comme les Palestiniens ont le droit d’exiger un Etat libre et indépendant dans lequel ils vivraient également en sécurité. Mais la hiérarchie des urgences fait qu’aujourd’hui les Palestiniens sont prioritaires dans le traitement de cette guerre, tant leurs conditions sociales, politiques et économiques sont désastreuses et inhumaines.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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