La charité élève les hommes

La charité élève les hommes

 

La charité est une oeuvre d’humilité et de compassion

— Viens ô voyageur partager mon maigre repas. Mange donc à ta faim.
— Du fond du cœur, je te remercie, ô serviteur d’Allah.
— Ma foi, tu as faim ! Mange, je t’en prie.
— Volontiers, mon ami. Cela fait trois jours que je n’ai rien avalé.
— Comme c’est curieux, à chacune de tes cuillerées ma faim se dissipe.
— Je m’en veux vraiment ! Dans mon égoïsme, je ne t’ai rien laissé.
— Mange et bois mon frère, tu apaises ma faim à te voir ainsi te restaurer.
— Ô ! Mais, je ne t’ai même pas demandé ton nom.
— Finis d’abord de manger.
— Alors, dis-moi, comment t’appelles-tu ?
— Mon nom est Charité.

Qu’est-ce que la charité ?

D’après l’idée que l’on s’en fait généralement, la charité consiste à donner quelque chose à quelqu’un, sans attente de contrepartie, selon une pure « bonne volonté » ; l’image la plus commune, pour l’illustrer, est le don d’une pièce à celui qui tend la main dans la rue.

Définie de cette façon, l’attitude charitable semble poser problème, pour trois principales raisons. Tout d’abord, il est possible que ses motivations ne soient pas toujours « pures » (certains soutiendront même qu’elles ne le sont jamais vraiment) : ne s’agit-il pas, derrière un désintéressement apparent, et peut-être même de façon inconsciente, de gagner une image positive de soi-même, voire un sentiment de supériorité par rapport à autrui ? Ensuite, et en lien avec le point précédent, on peut craindre que celui qui bénéficie de la charité ne soit traité de façon profondément humiliante, dans la mesure où il se trouve à la merci du bon vouloir des autres ; sa situation n’implique-t-elle pas une forme de servilité, incompatible avec sa dignité de personne humaine ? Enfin, quand bien même ces deux écueils seraient évitables, il n’en resterait pas moins que la satisfaction de certains de nos besoins essentiels dépendrait du libre-arbitre des autres, serait ainsi rendue aléatoire, inégale selon les individus et selon les circonstances : ce qui serait profondément injuste.

Conclusion

Peut-être la meilleure définition de la charité pourrait-elle être finalement : l’attitude qui consiste à donner à l’autre ce dont il a besoin, mais à quoi il ne peut pas avoir droit. Considérée ainsi, ne serait-elle pas, tout à la fois, irremplaçable par la justice, exempte de la recherche d’un intérêt caché pour celui qui l’effectue, et dépourvue d’humiliation pour celui qui en bénéficie ?

source : http://philo.pourtous.free.fr/Atelier/Textes/charite.htm

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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