La démocratie est un instrument au service des Puissants

32391976

Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. La République, au service des Puissants

 

 

Egalité des chances

Selon vos origines, l’endroit d’où vous venez, celui où vous naissez, votre environnement familial et social, vous n’aurez pas tous les mêmes chances au départ. Naître dans des quartiers défavorisés (être également handicapé ou doté de moyens physiques et mentaux limités) cela vous condamnerait à démarrer dans la vie avec des centaines de longueurs de retard sur ceux nés dans des quartiers huppés et un environnement social aisé. Le mérite ne se juge pas exclusivement selon votre implication, votre propre volonté, les moyens déployés individuellement ; il se mesure, essentiellement, à votre bourse, à celle de votre ascendance. Pour réussir, lorsque vous naissez en des endroits difficiles, il vous faudra avoir deux fois plus envie, travailler deux fois plus, croire deux fois plus en vos Institutions. Pour espérer obtenir, en fin de compte, le tiers de ceux qui n’ont qu’une envie : travailler le moins possible en comptant deux fois plus sur les relations du cercle familial ou privé. Les Puissants auront tous les droits.

La liberté 

La liberté s’exprime en fonction des influences, des moyens financiers de chacun. Plus vous serez riche, puissant, plus votre champ de liberté s’élargira, comme par enchantement. On vous construira, s’il le faut, des ponts au-dessus des océans. Si vous n’êtes ni influent ni fortuné, votre liberté sera celle d’un horizon sans cesse reculé à mesure que vous vous en approcheriez. Un fond d’écran intouchable, tout juste visible des yeux. La liberté des uns ne s’arrête pas là ou commence celle des autres, elle bouscule celle des faibles, fait plier toute résistance sur son passage. La liberté gagne toujours ; des vaincus et des vainqueurs. Et la revoilà remontée en selle, d’autres chevauchées, d’autres routes à scruter, l’attendent. N’est fidèle à la liberté que celui qui lui est entièrement soumis. La liberté ne guide pas, elle trace le chemin. Mais les Puissants peuvent s’offrir des libertés que d’autres ne pourront pas.

loading...

La fraternité 

Plus vous pèserez par vos relations personnelles sur toute décision, plus vous attirerez une fraternité à la mesure de votre pouvoir d’influence. A l’inverse, misérable et sans influence, vous n’aurez de fraternité que celle d’une possible compassion, une commisération, à titre gracieux. La fraternité est une utopie chargée  de rassembler les beaux esprits, les natures candides. Elle s’effrite, devient inexistante dès qu’il faut matérialiser ce noble sentiment par une réelle solidarité. La fraternité est un sentiment qui apaise la conscience, mimant de croire que l’on penserait autant à son prochain qu’à soi-même. Un mensonge dû à l’égocentrisme. Je ne crois pas à une fraternité sincère et partagée, je crois plus en l’intelligence. 

La démocratie 

En Occident, la démocratie est à la carte, en fonction des moyens matériels, des capacités intellectuelles et physiques. Si vous êtes parmi les défavorisés, au bas de la pyramide, vous serez piétiné. Toutefois, en démocratie, vous ne serez pas retenu par des barreaux ; vous serez placé dans une cage en verre. Observer sans toucher, telle sera votre destinée. Voir sans décider, entendre sans rien dire. La démocratie fait rêver bien des peuples qui ne peuvent se l’offrir, elle a un coût et il est élevé. D’ailleurs, elle se nourrit de doux et beaux rêves. Elle se vit aussi par procuration, par urnes interposées. La démocratie sort de l’imaginaire, elle n’est pas la réalité ; elle s’interprète et ne se concrétise jamais.

J’ai longtemps cru, naïvement et par idéal, que la gauche politique pouvait sans aucun doute transformer tout cela. Une candeur d’esprit qui m’en coûte un réveil délicat, un retour brusque sur terre. Il me faut me rendre à l’évidence : tout est joué d’avance, selon que vous soyez fort ou faible, fragile ou puissant. C’est une question de situation géographique, de porte-monnaie, de moyens. Parfois, notre seule volonté à vouloir changer les choses ne suffit pas. Il faudrait, pour renverser des montagnes, conjuguer nos efforts, être plus solidaires, plus fraternels, plus combatifs que les Puissants. Nous ne le sommes pas. Finalement, la force des dominants puise son essence dans nos faiblesses. Nous sommes responsables de nos malheurs. Le bonheur nous fuit parce qu’il n’aime pas les lâches, les individualistes et les égoïstes. Normal, c’est son tempérament. Nous conjuguons toujours la démocratie au singulier alors que le pluriel est exigé. L’homme se nourrit de rêves et d’espoirs. Tant mieux pour les Puissants, ils sont nos marchands de sommeil. 

L’homme ne peut être heureux sur Terre, il passe du bonheur au malheur, de la joie à la peine. Parce qu’il en est ainsi dans la volonté de Dieu.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

loading...

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.