La France plonge dangereusement dans le fanatisme ultra laïque


La République laïque a tranché dans l’affaire de la crèche Baby-loup. Et la laïcité gagne toujours. Les laïcistes s’organisent

 

 

 

Baby-loup, une crèche privée et laïque sans voile

La crèche Baby-Loup de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) continuera à se référer à son règlement intérieur, malgré l’annulation par la Cour de cassation du licenciement d’une salariée portant le foulard islamique. Nous en sommes donc en France à discuter, à commenter et à contester une décision de justice. Le Ministre de l’Intérieur, monsieur manuel Valls a en personne critiqué la décision de la Cour de cassation affirmant : «En sortant quelques secondes de mes fonctions, je veux vous dire combien je regrette la décision de la Cour de cassation aujourd’hui sur la crèche Baby-Loup et sur cette mise en cause de la laïcité». Or, en France, une décision de justice est rendue au nom du peuple français. Et c’est ce peuple français que monsieur Manuel Valls a insulté et méprisé.

Le fanatisme laïque et le climat islamophobe ont repris tous leurs droits en France. Nous pensions qu’avec l’arrivée de François Hollande, il y aurait une accalmie, un temps mort, un frein à toutes ces dérives politiques visant les Musulmans de France. Or, il n’en est rien. Bien au contraire, usant d’un cynisme, parfois d’une arrogance, la gauche française, de manière subreptice et sournoise, idéalise ses voeux et ses choix, en matière de société, sur le dos de l’islam et des Musulmans. Pourtant, manuel Valls avait, lors de sa prise de fonction, annoncé clairement qu’il mettrait fin à toute stigmatisation. Une allusion claire aux attaques anti-islam et anti-musulmans lancées lors de l’ère Nicolas Sarkozy.

L’affaire Mérah devient une jurisprudence

A Toulouse, récemment, monsieur Hollande n’avait qu’un mot à la bouche : antisémitisme. Il a dit son inquiétude pour l’avenir des Juifs de France. Et pour mieux martelé ses propos, il a également eu un autre nom à la bouche : Mérah, qu’il a répété sans s’en lasser. Que fait et que recherche, également, cette mère, dont nous comprenons la douleur, Mme Latifa Ibn ZIATEN ? N’est-elle pas tout simplement en train d’être récupérée politiquement. Son fils a été assassiné. Mais l’assassin présumé a également était abattu par les forces spéciales françaises. Et ce fils, me semble-t-il, a le droit désormais de reposer en paix. « Mérah a tué mon fils, mais c’est pas ça l’islam » a déclaré cette mère. Comment peut-on oser une seule seconde lier islam et assassinat, crime et religion ? Mme Latifa Ibn ZIATEN en fait un peu trop. Des crimes ont été commis, la justice doit faire son travail et la police son métier. Il ne faut pas tout mélanger et encore moins incriminer la communauté musulmane de France.

Dîner du CRIF une association religieuse où l’on parle de laïcité 

Dîner du CRIF. Nous avions violemment critiqué Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier se rendait au traditionnel dîner, invité par monsieur Richard Prasquier (Président du CRIF). Comment comprendre et admettre, là-aussi, qu’un Président de la République et son Ministre de l’Intérieur qui claironnent à travers toute la Franc le mot : laïcité, puissent se rendre à un dîner organisé par une association communautaire et à caractère religieux ? Le Président de la République est le garant de la Constitution et il est le Président de tous les Français. Le Ministre de l’Intérieur a en charge la sécurité de tous les Français ainsi que leurs biens. Devant tout le parterre, le gratin, le gotha de la société française, François Hollande  a une nouvelle fois parler d’antisémitisme, rappelant les tragédies de la Shoah, culpabilisant, au passage, tous les citoyens Français. Les Juifs de France ne sont, en réalité, nullement en danger. Je puis même affirmer que sans les Juifs, que serait la France ? L’islamophobie est beaucoup plus préoccupante. Bizarrement, sur ce sujet on entend moins nos ténors politiques, à part quelques-uns.

La guerre dans des pays musulmans au nom de la laïcité

Enfin, comment ne pas s’inquiéter des tournures de la guerre dans le Nord du Mali ; guerre dans laquelle la France est le seul pays européen engagé sur le terrain. François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, n’était pas un va t’en guerre. Bien au contraire. Nous aurait-il menti ? Et que penser de la volonté de la France d’armer la prétendue (on ne sait rien d’elle) opposition syrienne ? Visiblement, la France sort de sa traditionnelle neutralité en matière de politique extérieure. Au lieu d’aider les parties syriennes à rechercher une solution pacifique et politique, quitte à servir de médiatrice, la France prend partie dans un conflit interne aux Syriens. Où est la cohésion et la logique des discours de François Hollande prononcés lorsqu’il était en campagne ? Le Bourget n’est plus qu’un vague souvenir…

Je crois bien, en réalité, qu’à chaque jour qui passe, le divorce d’avec François Hollande se précise un peu plus.  Pour mémoire, le département de la Seine-Saint-Denis a été celui dans lequel les citoyens français de toutes origines ont voté le plus pour François Hollande. Faut-il le regretter ? Une chose est sûre, si Nicolas Sarkozy (et ses conseillers : responsables au premier chef) n’avait pas passé son temps à taper sur les banlieues et leurs habitants (dont beaucoup de musulmans), sans doute serait-il encore au pouvoir. Mais rien n’est jamais définitif, tout est réversible en matière de politique.

(laïque : opposé à la vie religieuse) – (laïc : Chrétien opposé au clergé)

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS