L’Algérie doit-elle intervenir en Libye

 

Nicolas Sarkozy aux côtés de BHL l’un des plus grands conspirateurs de l’histoire. L’intervention de la France en Libye sonnera la fin politique de Sarkozy et le début d’un roman sur le financement de la campagne de Sarkozy en 2007

 

L’Algérie avait prévenu la France sur les dégâts d’une Libye déstabilisée

S’il est une vérité incontestable, c’est bien celle dont peut aujourd’hui se targuer l’Algérie, à savoir que les Algériens avaient prévenu d’abord la France, lancée dans une opération de No fly zone, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et ensuite l’OTAN, qu’une déstabilisation de la Libye aurait d’énormes conséquences en matière de migration et de terrorisme sur tout le bassin méditerranéen. Les prévisions algériennes se vérifient tous les jours. L’Algérie a été le dernier pays à reconnaître la légitimité du CNT libyen composé par des hommes au passé douteux et n’ayant aucune capacité à fédérer comme le faisait Kadhafi. La question légitime que se pose le pouvoir algérien est donc celle-ci : pourquoi l’armée algérienne irait réparer les erreurs fatales commises par deux irresponsables (Sarkozy et BHL) ? De plus, si au départ le mandat de l’ONU, délivré à la France, portait exclusivement sur une protection des civils, on ne comprend pas pourquoi le colonel Kadhafi a été, à l’arrivée, assassiné. Nicolas Sarkozy porte une lourde et énorme responsabilité dans cette opération militaire. Si l’on ajoute à tout cela qu’aucun plan politique de l’après Kadhafi n’a jamais été conçu, voire même imaginé, on se dit finalement que l’Algérie non seulement ne doit pas intervenir mais qu’elle pourrait même exiger de la France que cette dernière intervienne rapidement pour colmater ce qui peut encore l’être.

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La Libye dans le chaos et n’ayant plus de gouvernance crédible

Mais il se trouve que la Libye a une frontière avec l’Algérie. Cette dernière recourt à des incursions préventives en territoire libyen et mate toute tentative intrusive sur le sol algérien. L’épisode d’In Amenas a démontré que les Algériens ne sont pas disposés à discuter (ou négocier) avec des terroristes quels qu’ils soient. Les services secrets algériens font état d’une Libye plongée dans un chaos total, n’ayant plus aucune gouvernance crédible, livrée à des milices de tous bords, de toute obédience religieuse, enfin elle est devenue une proie facile pour les obscurantistes de DAESH. En somme, le pouvoir algérien se pose une autre question : l’Algérie peut-elle tolérer plus longtemps une telle anarchie à ses frontières ? Avec des risques patents et de plus en plus évolutifs de voir s’exporter sur le sol algérien des opérations destinées à déstabiliser le pouvoir actuel. Invitée à intervenir directement en Libye, l’Algérie s’y est jusque-là refusée. Parce que traditionnellement ce pays est pour le dialogue entre toutes les parties d’un conflit et s’interdit toute ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat. Sauf bien entendu si sa propre sécurité est menacée. Et les Occidentaux, la France en tête, comptent bien sur cette dernière hypothèse pour entraîner l’Algérie en Libye. DAESH en Libye serait le piège tendu aux Algériens qui seraient alors forcés d’intervenir. Quand, comment et avec qui ? Il est plus que jamais tant pour les Algériens de prendre à bras-le-corps cet épineux problème libyen que Nicolas Sarkozy et Bernard Henry-Lévi ont implanté à leurs portes. Et très vite.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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