l’alternance politique est rive gauche puis rive droite

aerial-view-paris-france-480x325

 l’alternance droite gauche, puis gauche droite, rythme la vie politique de la France ; une politique empêtrée dans un bipartisme (voire tri) infernal et dont les Français en ont assez. La Ve montre ses limites. Il est temps de passer à la VIe en vue d’instaurer une plus grande participation citoyenne à tous les niveaux

 

 

L’alternance répétitive nourrie une démocratie malade

La démocratie atteind vraiment ses limites, sclérosée par l’alternance répétitive. A la suite des élections départementales, déroulées ce dimanche 29 mars, l’on peut lire un peu partout dans la presse : l’UMP triomphe. C’est un véritable paradoxe. Ainsi, sans rien entreprendre, sans présenter un programme politique digne de ce nom, ni un projet de société à la hauteur de ses prétentions, une organisation politique gagne des élections haut la main. Parce que la gauche actuelle, aux yeux des électeurs, n’apporte pas de solutions concrètes à leurs problèmes, alors qu’elle est au pouvoir. L’actuelle union UMP-UDI devrait rester dans l’opposition, elle serait assurée de gagner toute élection.

Inlassablement et inexorablement, les Français votent alternativement pour deux puissants partis de gauche et de droite. Lorsque les Français ne sont pas satisfaits de leurs élus, ils procèdent à ce que l’on appelle un vote sanction. On passe alors de la gauche à la droite, et vice-versa. On peut bien entendu jouer à ce petit jeu indéfiniment. Mais pour autant avançons-nous ? Cette démocratie marque ses limites et plonge le pays dans l’immobilisme. Car de surcroît, nous sommes, avec pareil système, en périodes électorales fréquentes (présidentielle, législatives, municipales, départementales, régionales…), ce qui de surcroît n’arrange rien. 

Le FN populiste profite du statu quo pour prospérer 

Concernant le phénomène du FN : telle une crue, la rivière FN (Front National) atteint une montée des eaux inquiétantes. Cela finira forcément par une décrue, c’est une quasi certitude. C’est la logique naturelle de tout phénomène qui s’emballe de manière intempestive et brutale, et finissant toujours par retomber. Nicolas Sarkozy sera-t-il à l’origine de cette décrue, comme on l’entend ici et là ? Certainement pas. L’ancien Président n’a jamais combattu les idées du FN ; au contraire il les a épousées, ne serait-ce qu’en s’alliant à des militants de l’extrême droite (tel Buisson, par exemple). UMP et FN ne sont plus concurrents, ils sont complémentaires. 

Actuellement, c’est bien la gauche qui a pris la ferme décision de combattre le FN et ses idées. Ce n’est pas la droite. On l’a vu sur le terrain. Si des voix du FN glissent vers l’UMP, c’est parce qu’il y a eu un début d’explication pédagogique — de ce qu’est le programme du FN — entrepris par la gauche française dans son ensemble. L’argument de Nicolas Sarkozy qui accuse le PS d’instrumentaliser le FN à des fins de diviser l’UMP ne tient donc pas. 

Réinventer la démocratie est un enjeu majeur

On aurait pu penser que Manuel Valls, à défaut d’avoir un ennemi politique clairement désigné à combattre — puisque la carence politique de l’UMP en matière de propositions est manifeste — s’en est ouvertement pris au FN pour faire diversion. Oui, on peut le croire. Mais on peut également penser que le FN représente un véritable danger pour la démocratie française et son modèle de société, et que la gauche, seule, en a réellement pris conscience. Car en effet il y a duperie. Marine le Pen cherche à prendre le pouvoir en récupérant les citoyens français exaspérés et au bout du rouleau — pour maintes raisons sociologiques — non pas pour les rendre plus heureux (c’est un subterfuge), mais plus par simple idéologie de l’extrême droite : expression d’une suprématie d’une partie des Français (de souche) sur l’autre, autoritarisme, racisme, antisémitisme, nationalisme et xénophobie.

Mais au bout, cette démocratie binaire, n’offrant que deux solutions possibles au peuple de France (gauche droite: PS – UMP/UDI), risque de porter au pouvoir un troisième parti politique qui ne sera pas forcément respectueux des principes vertueux républicains.

En effet, le temps d’une crue de saison, nous pourrions mesurer les dégâts dévastateurs. La droite s’attend peut-être à cela et l’aurait définitivement intégré et admis. J’ose croire et penser que ce n’est pas le cas de la gauche française républicaine, seule digue tenant encore debout.

Mais alors, quelle solution adopter ? Une Nation unie dans un seul parti au sein duquel toutes les sensibilités seraient représentées. Autrement, dit réinventer la démocratie. Il faudra de la volonté, de l’imagination, mais surtout beaucoup de courage.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS   

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.