Les musulmans de France otages au nom de la laïcité

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Les musulmans de France pris en otages au nom d’une instrumentalisation de la laïcité à des fins politiques 

 

 

Loi sur le voile

A la suite du rapport Stasi (médiateur de la République) découlant des travaux de la commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité, créée à cet effet, et tenant compte du fait essentiel que le contexte de 1905 (loi de séparation) avait changé (argument avancé par la commission), une première loi (du 15 mars 2004) encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, va permettre aux pouvoirs publics de prohiber dans les bâtiments scolaires du premier et second degré le port d’un «voile islamique». En effet, Aux termes du premier alinéa de l’article L. 141-5-1 du code de l’éducation il est écrit : « dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ». Le rapport Stasi, sans rentrer dans les détails, insiste particulièrement sur son souci de conforter le principe de laïcité et de réaffirmer les valeurs de la République. Ce rapport confirmera sa totale hypocrisie et ses nombreux paradoxes en précisant qu’il est également dans l’aspiration sociale et politique de la République de protéger les jeunes filles qui porteraient le voile contre leur propre gré. Il faut bien noter le caractère diffamant et calomnieux d’une telle affirmation puisque tout Musulman serait potentiellement soupçonné de forcer ses filles à se voiler. Confirmation nous est donc donnée que c’est bien l’islam et rien que l’islam qui est visé derrière cette loi dite « port du voile islamique ». Notons aussi les vocables utilisés : tout un symbole ! 

Caractère discriminant de la loi sur le voile

Cette loi comporte deux aspects discriminants et contraires au principe de laïcité. Elle restreint les libertés individuelles et s’ingère dans les affaires religieuses, considérées par le cadre juridique de la laïcité comme relevant de la vie strictement privée des individus. Ensuite, par cette loi, et en vertu du principe de laïcité, l’Etat se lance dans une stigmatisation systématique à l’encontre de l’islam et des Musulmans, et cherche à recadrer ces derniers dans leur manière de s’habiller, de penser, de se comporter en société, reprenant ainsi une idée sans cesse martelée par de hauts responsables politiques : faire naître un islam de France. Le principe de laïcité — qui veut une stricte neutralité de l’Etat par rapport aux affaires religieuses dès lors que celles-ci se conforment aux traités ratifiés et aux lois du pays — cher à tous nos dirigeants politiques vole en éclats et la loi dite « Burqa », venant par la suite, confirmera que c’est bien une population déterminée qui est seule ciblée (la communauté musulmane). Hormis le fait que l’on soit d’accord ou pas avec ce voile intégral, il apparaît évident que l’Etat français veut s’immiscer dans la tenue vestimentaire des citoyens. Par la loi, l’Etat s’implique de manière pénale agressive et viole le principe de laïcité. Un dialogue avec les représentants des différentes religions aurait été plus sage. Mais un fois de plus, c’est l’islam et les Musulmans (majoritairement opposés à ce voile intégral qui n’est pas dans leur culture) qui sont montrés du doigt, pointés et accusés de vouloir s’attaquer à la République, à ses valeurs. Or, les Musulmans sont majoritairement attachés à la laïcité, garante de leur liberté de culte. 

Et voilà qu’apparaît un autre rapport officiel, rédigé par la Mission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration (HCI), qui insiste sur une montée du communautarisme dans les universités et préconise l’interdiction du voile, c’est-à-dire tout simplement d’étendre le champ d’application de la loi du 15 mars 2004 au supérieur. La goutte de trop, celle qui fait déborder le vase. Alors que le pays connaît un chômage record, une pauvreté et une misère grandissantes, une criminalité et une atmosphère d’insécurité inquiétantes (le FN jubile), une islamophobie atteignant son paroxysme (les tags racistes sur les mosquées sont journaliers), une partie de la jeunesse désœuvrée et sans aucune perspective d’avenir, tout ce que l’on nous propose, en France, est d’humilier et de brimer les Musulmans de France. Cela s’appelle de l’acharnement moral, du harcèlement pénal, une discrimination à l’échelle de toute une communauté représentant la seconde religion de France. Qu’est-ce que les pays amis musulmans vont encore penser de ces réalités françaises, quel regard, tout court, le monde entier va-t-il encore porter sur notre pays ? 

La laïcité, une arme pour combattre la religion ?

En ce qui me concerne, j’appelle tous les intellectuels libres, les défenseurs de la liberté de ce pays, tous les dignitaires religieux représentatifs et quelle que soit leur religion, tous les artistes, chaque citoyenne et chaque citoyen attachés aux libertés individuelles fondamentales (la manière de se vêtir en est une) et à la liberté de conscience et de culte, aux représentants associatifs, à tout acteur de la société impliqué dans tous les domaines, afin de faire barrage à une nouvelle loi qui aurait un caractère discriminant, méprisant, humiliant, de rejet d’une population clairement visée, et qui prendrait, une nouvelle fois, les Musulmans de France en otage au nom d’une laïcité chaque jour tronquée et dépourvue de justice et d’équité. Car si une non croyante a le droit de venir à l’école en tenue négligée et aguichante, une croyante a le droit elle aussi de se vêtir de manière décente, y compris de recouvrir sa tête d’un voile. A vouloir tout régenter, y compris dans le domaine vestimentaire, au nom d’un principe de laïcité qui n’est qu’un cadre juridique  (dont on ne sait plus quelle définition lui donner), l’Etat français va finir par mettre le feu aux poudres. Jusqu’à présent, la communauté musulmane de France a fait preuve d’une grande sagesse, d’une grande retenue malgré toutes les attaques dont elle fait l’objet au quotidien.

Cependant, la patience a des limites. Prétendre que l’on serait communautariste parce que l’on porterait un voile traditionnel relève d’une pure médisance et d’un dénigrement : une religion n’est pas une appartenance à une communauté, elle est l’appartenance à une foi au-delà de toute considération ethnique, sociale et culturelle. 

Merci de relayer cet appel en faisant suivre à vos contacts, entourages et cercles d’amis.

Définition de la laïcité

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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