Lettre ouverte à madame la députée Aung San Suu Kyi

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Madame la députée Aung San Suu Kyi resterez-vous encore longtemps insensible à l’effroyable détresse des Birmans Rohingyas face à leurs bourreaux Bouddhistes ?

 

 

Le lâche calcul politique de madame la députée Aung San Suu Kyi

Madame la députée Aung San Suu Kyi, vous qui avez obtenu un prix Nobel de la paix, à la seule prononciation du sésame et mot magique « Démocratie » — que vous empruntez à votre modèle de civilisation, l’Occident — qu’attendez-vous pour dénoncer les crimes horribles, ignobles, odieux et sanglants, subis par la communauté musulmane de Birmanie, les Rohingyas ? Votre conception de la « démocratie » se limite-t-elle aux seuls Birmans appartenant à votre caste ? Votre silence est insupportable, intolérable, et vous discrédite auprès de tous les Humanistes de la Terre. Les tapis rouges qui vous ont été déroulés, ici et là, (particulièrement en France) lors de vos déplacements dans les pays démocratiques, suffisent-ils à votre propre conscience ? La démocratie ne se limite pas à un prix, fût-il Nobel, elle se gagne au prix de combats incertains qui exigent une fidélité absolue en ses idéaux, en ses convictions, en ses vertus et principes moraux. Or, votre terrifiant silence dans ce véritable génocide dirigé contre des musulmans réduits, arbitrairement et contre tout principe même des Droits de l’Homme (fondements vitaux de toute démocratie digne de ce nom), au statut d’apatrides par des tyrans birmans coupables de crimes contre l’Humanité, vous accable terriblement. Est-ce de la lâcheté, de l’indifférence, ou est-ce par calcul politique, sachant que la Birmanie est à majorité bouddhiste ?

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La lâcheté est le refuge des faibles 

Certes, madame la députée Aung San Suu Kyi, vous n’êtes pas directement responsable de ces crimes atroces. Mais vous le deviendriez si vous persistiez à vous taire face à ces actes barbares et inhumains se déroulant dans votre pays. Il est certainement plus facile de prononcer le mot démocratie, à qui veut bien l’entendre, mais beaucoup plus difficile de mettre en place ce système politique. Si vous n’avez eu recours à aucune lutte armée pour parvenir à des prémices de démocratie en Birmanie, ce qui est une chance si l’on en juge par ce qui se passe ailleurs dans d’autres régions du monde, ayez au moins recours à l’arme et à l’usage des mots pour condamner et faire cesser ces crimes indignes d’une prétendue « démocratie » naissante. Vous affirmez être une adepte de la non-violence, c’est tout à votre honneur ; dans ces conditions, comment ne pas être sensible aux meurtres, viols, expulsions, exactions et aux pires atteintes aux Droits de l’Homme, notamment celui d’un nettoyage ethnique, commis en Birmanie ?

Hier, Madame la députée Aung San Suu Kyi, vous dénonciez la dictature impitoyable de la junte militaire au pouvoir. Pourquoi, aujourd’hui, un tel silence face à ces monstruosités, ces crimes de masse commis en Birmanie ; crimes commis contre des hommes et des femmes sur le seul critère que ceux-ci sont de confession musulmane ? Le Bouddhisme ne se réclame-t-il pas d’être avant tout un mouvement philosophique prônant le pacifisme ? Oui, La lâcheté est le refuge des faibles ! Et la lâcheté ne peut être un refuge confortable et durable.

Touhami Moualek

mtouhami.fr

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