J’accuse les médias et les politiques de collusion irresponsable

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Au nom de la liberté d’expression, les médias ont-ils tous les droits, y compris celui d’offenser des croyants dans leur foi ? Si la liberté absolue n’est qu’une utopie et n’existe que dans l’imaginaire des hommes, la liberté d’expression absolue est également utopique et ne peut être un prétexte à bafouer une des libertés fondamentales celle du respect du droit à exercer un culte quel qu’il soit

 

Les médias ont-ils plein pouvoir ?

Quand on sème le vent, on récolte la tempête, dit l’adage. Bien sûr que ces assassinats perpétrés à Paris au siège du journal satirique Charlie Hebdo, ce jour du 7 janvier 2015 sont horribles et intolérables ; nous sommes tous d’accord sur cela.

Mais au-delà que peut-on dire ? Que la liberté d’expression n’est pas celle d’offenser et de blesser des croyants dans leur foi profonde. Qu’un journaliste, un écrivain, un penseur, un philosophe, un politique écrit sous son entière responsabilité et sait ce qu’il fait. Souvenons-nous de Salman Rushdi (les versets sataniques). Il me semble que le Ministère de l’intérieur a à plusieurs reprises mis en garde les caricaturistes travaillant pour le compte de Charlie Hebdo contre une exagération et des violations de symboles religieux qui peuvent avoir de lourdes conséquences et mettre en danger de mort ces mêmes caricaturistes.

Personnellement, j’accuse les médias français, ainsi que des polémistes du style de Zemmour, Houellebecq, Finkielkraut, etc. de jeter de l’huile sur le feu, de jouer avec les peurs et de dresser des Français les uns contre les autres. J’accuse particulièrement BFMTV et ITELE de n’inviter sur leurs plateaux, à hauteur de plus de 80 %, que des islamophobes. Que ces médias prennent également leurs responsabilités et assument leurs politiques éditoriales.

Les politiques sont otages des médias

Les politiques ont également une part de responsabilité dans cette soudaine et subite haine envers les Français musulmans. Monsieur Nicolas Sarkozy, alors candidat à la présidence de la République française, interrogé sur les caricatures de Mahomet dans le journal de Charlie Hebdo répondait ceci : Je préfère un excès de caricature à un excès de censure. Je tiens à apporter mon soutien à votre journal qui s’inscrit dans une vieille tradition française, celle de la satire. Il faut défendre le droit de sourire de tout. 

Or, dans un article de Véronique Maurus — le Monde du 28 avril 2007 — on apprend que Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l’élection présidentielle, s’est plaint auprès de Plantu de la façon dont le caricaturiste le montrait. Un double langage : je veux bien qu’on tape sur les Musulmans mais pas sur ma propre personne. Belle mentalité. Aussi, Nicolas Sarkozy avait contribué, en son temps, à une montée de l’islamophobie et a encouragé des journalistes à prendre des risques extrêmement dangereux. Aujourd’hui, qu’ont gagné à s’exposer ainsi ces journalistes ? Je pose la question à M. Nicolas Sarkozy.

Enfin, à titre personnelle, j’adresse toutes mes condoléances aux familles et aux proches des victimes. Et je souhaite que les Français demeurent éclairés, qu’ils sachent faire la part des choses et ne pas tomber dans l’amalgame. Il ne s’agit pas ici de cautionner quiconque, je veux juste mettre chacun face à ses responsabilités. 

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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