Ordonnance de 1945 : un enfant n’est pas un adulte

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Comment peut-on concevoir, dans notre société moderne et intellectuellement avancée, qu’il faudrait traiter un enfant comme un adulte ? C’est absolument invraisemblable. L’ordonnance de 1945 doit être préservée et améliorée dans l’intérêt des enfants

 

 

L’Ordonnance de 1945 privilégie l’éducatif sur le répressif

J’ai pu voir aux Pays-Bas que l’ordonnance  de 1945 (française) était mieux appliquée.  En effet, dans ce pays j’ai vu un groupe d’enfants, d’âge de cours préparatoire, jouer dans un espace gazonné et parfaitement propre. Les enfants jouaient de manière plutôt paisible et étaient peu agités. J’ai demandé à des Hollandais ce que ces enfants faisaient là. « Ils sont à l’école ! » me répondirent-ils. J’ai observé plus attentivement les environs, et effectivement il y avait une école. Je ne l’avais pas distinguée parce qu’elle se confondait harmonieusement à l’architecture locale environnante. Et puis, je retrouvais vite mes réflexes parisiens. Je questionnai encore : « Il n’ y a pas de clôture ou de barrière pour délimiter et éviter aux enfants de sortir de l’espace qui leur est réservé ? » Et la réponse tomba, raisonnant encore dans ma tête : « Pourquoi voulez-vous qu’il y ait des barrières ? Il n’a pas besoin de clôture. »

Ce qui signifie que tout se passe dans la tête. Si l’on met des barrières, l’enfant intégrera ces barrières dans sa tête pour toujours. Et son obsession sera celle de vouloir franchir un jour ou l’autre ces différentes barrières. C’est exactement le problème des ghettos français. Les enfants, des banlieues françaises par exemple, ont fini par se « ghettoïser » dans leur tête. Et le plus dur pour eux ne sera pas de se dispenser de ces ghettos qui seront tôt ou tard abattus, et ils le sont déjà pour la plupart, mais de se débarrasser d’un ghetto mental ancré et gravé dans leur tête.

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Dans les pays germaniques, rigoureux et inflexibles lorsqu’il s’agit de discipline, la liberté est conditionnée à cette rigueur qui en limite ainsi de fait les champs. Il n’y a donc besoin d’aucune barrière pour limiter la liberté. En France, pays traditionnellement latin, la liberté est placée au-dessus de la rigueur et d’une certaine discipline. Mais cette conception idéologique impose des barrières pour limiter nos champs de liberté. Alors, être Français ou Allemand par exemple, n’est pas du tout la même chose. Le premier se croit libre alors qu’il est prisonnier de sa liberté, le second cultive sa liberté à sa seule pensée de se croire libre.     

Je crois personnellement à une responsabilité collective de notre société par rapport aux enfants et je dis qu’il ne faut pas toucher à l’ordonnance de 1945 qui spécifie qu’on ne peut pas traiter un enfant au même titre qu’un adulte. La délinquance n’est pas héréditaire ou inscrite dans ses gènes, c’est absurde de penser cela (une pure folie), elle est un phénomène sociologique dû à des contextes socio-économiques brutaux que notre société génère malgré elle. Cela ne justifie en rien la délinquance, mais cela nous en explique certaines causes majeures. Et pour guérir une maladie, il faut évidemment en trouver les racines du mal. 

L’ordonnance de 1945 , signée le  1945, sur les enfants délinquants, a été depuis modifiée plusieurs fois. Certains politiques ont même songé à l’abroger purement et simplement. Mais la remplacer par quoi ?

Les enfants sont le miroir d’une société, ils lui renvoient ce qu’ils en reçoivent en héritage. 

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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