Prétendre que le colonialisme est un acte de civilisation

Comment peut-on prétendre que le colonialisme a été un bienfait pour la civilisation ?

 

 

La lutte contre le colonialisme était nécessaire

Le Président Nicolas SARKOZY se rendra en visite officielle en Algérie à partir du 3 Décembre 2007, jusqu’au 5 décembre 2007, me semble-t-il. Voici un article écrit le 27 février 2007 ; nous étions en pleine campagne pour la présidentielle. L’histoire entre la France et l’Algérie a été tumultueuse. Aujourd’hui, persister à nier l’histoire, c’est se voiler la face. Et quand on se voile la face, on ne voit plus rien. En somme, on devient aveugle.

Oui, je suis un citoyen républicain et un Français — par choix — d’origine algérienne. J’ai toujours respecté la minorité de Français (pieds-noirs notamment) qui avaient cru en l’Algérie française, et qui avaient eu une attitude loyale et honnête envers l’Algérie et les Algériens (autochtones). Ces personnes sont aujourd’hui les bienvenues en Algérie. De même que j’ai tout de suite compris la lutte nécessaire et inévitable qui a été conduite par les Algériens (dont mes propres parents) pour l’accession à l’indépendance de l’Algérie. Je partage et j’ai partagé entièrement cette lutte, comme de nombreux Français de la métropole auxquels, d’ailleurs, on cachait la vérité sur ce qui se déroulait réellement en Algérie. Je me souviens de la misère et des conditions de vie épouvantables connues par mes parents et mes grands-parents. Pour recouvrer leur dignité et leur liberté, les Algériens n’avaient d’autre choix que celui de se battre. Ils l’ont fait et ce fut un acte de courage et de bravoure qui me vaut, à moi fils d’immigré, l’honneur de marcher la tête haute et d’être enfin respecté. L’histoire a parlé. Elle n’a eu besoin d’aucun historien. Les hommes libres écrivent l’histoire de leurs mains, les autres (les imposteurs) la narrent bien après, à l’abri du vent et des tempêtes. Qu’importe, la vérité seule connaît les voies sacrées de la liberté.

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Colonialisme

Et voilà un homme, un Français d’origine immigrée, tout comme moi, qui vient de Hongrie et qui se permet, au nom d’une arrogance qui rappelle justement le temps des colonies, de prétendre que la colonisation est un acte de civilisation. Quel mépris ! Quelle honteuse provocation ! Comment un homme sensé peut-il prétendre que l’asservissement, l’oppression, la soumission et la contrainte sont des actes conduisant à une quelconque civilisation ? Je remercie, au passage, Mme Ségolène Royal d’avoir dit avec un grand courage : « nous avons assez pillé les Africains ! ». La conception philosophique qui place l’homme et les valeurs humaines au-dessus de tout le reste s’appelle l’humanisme. Exactement ce qu’était Monsieur Albert Camus (Algérien de naissance) qui avait eu cette phrase, prémonitoire, dans son contexte, de ce qui allait se passer : « les Arabes n’ont rien d’inférieur, si ce n’est leur condition sociale ». Preuve, s’il en est, que les « indigènes » Algériens étaient considérés, non seulement comme des citoyens de seconde zone (par le code de l’indigénat) mais plus ignoble encore comme appartenant à une race inférieure. Et monsieur Nicolas Sarkozy, en toute impunité, nous fait l’apologie et la glorification du colonialisme. Il ne s’agit pas bien sûr de faire le procès de la France en permanence, ce serait malhonnête par rapport à tous les véritables humanistes français qui ont accompli des actes généreux et bienfaiteurs à travers la planète entière, mais de reconnaître les méfaits du colonialisme lorsque la France occupait par la force des territoires appartenant à d’autres peuples, d’autres gens, d’autres civilisations. Et à tous ceux qui prétendent que cela rabaisserait la France, je réponds que la France en sortirait grandie et honorée.

Comment  peut-on prétendre que le colonialisme a été un acte de civilisation (après les bienfaits du colonialisme) ?

En réalité, Nicolas Sarkozy jette de l’huile sur le feu, attise les haines et souffle sur les braises des ressentiments. Ses discours sont à géométrie variable. Car où a-t-il tenu de tels propos sur le colonialisme ? Précisément dans la ville de Toulon. Et chacun sait que la ville de Toulon a été aux mains du Front National. Sans doute pour courtiser les électeurs de ce parti, et s’adressant particulièrement à la nombreuse communauté pied-noir de la ville et de la région, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité un seul instant à rallumer les flammes passionnelles de la guerre d’Algérie. Cet homme n’est pas pour la paix sociale, pas pour la cohésion et la fraternité entre les différentes communautés françaises. Il divise, il crée le trouble entre les différentes minorités, il monte les uns contre les autres. Il ne peut donc être le Président de tous les Français. La seule réponse à ces propos dangereux et irresponsables est celle des valeurs de la République. Cette République que des hommes dignes et courageux n’ont pas attendu après Nicolas Sarkozy pour l’instaurer. Car la France est tout le contraire de ce que Nicolas Sarkozy veut nous faire croire. Les valeurs françaises sont celles de la liberté, de la justice, de l’humanisme, de la tolérance, de la recherche de la vérité et de la fraternité. Qui pourrait prétendre le contraire ?

Une société dans laquelle l’homme ne serait pas le point central serait vouée à l’échec 

Touhami Moualek

mtouhami.fr – INfO PARIS

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