Le Qatar à été cordialement remis à sa place par l’Algérie

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Le Qatar, une presqu’île dans la péninsule de l’Arabie, veut peser dans le monde arabe. Ce n’est pas en se mettant l’Algérie et sa prestigieuse histoire à dos qu’il y parviendra

 

 

 

Le Qatar est organisateur de la coupe du monde de football de 2022

Le Qatar est un Etat de l’Asie centrale formant une presqu’île dans la péninsule de l’Arabie, sur le golfe Persique. Au sud-ouest, il est bordé par l’Arabie Saoudite et au sud-est par les Emirats Arabes Unis dont il refusera de faire partie en 1971. Sa superficie est de 11.400 km2 et compte près de deux millions d’habitants (qataris ou qatariens). Sa capitale est Doha. Son régime est une monarchie et sa monnaie est le riyal du Qatar. Sa religion est l’islam ; un islam wahhabite (très conservateur). Il est membre de la Ligue Arabe et de l’ONU. En 1991, il dénoncera l’invasion du Koweït par l’Irak et participera à la première guerre du Golfe en vue de libérer le Koweït. Producteur de pétrole, il est membre de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole). Il est également le troisième pays producteur de gaz naturel du Monde après l’Iran et la Russie, et demeure néanmoins le premier pays exportateur de gaz naturel liquéfié. Depuis 2012 il est membre associé de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Il a obtenu l’organisation de la Coupe du Monde de Football de 2022. Une attribution controversée. Mais le Qatar a « mis les moyens » pour obtenir une telle adhésion. Il est l’un des Etats les plus riches du Monde. Etat arabe, ses rapports avec Israël sont ambigus : il recherche, d’un côté, à conduire des négociations économiques avec Israël et, d’un autre côté, il condamne la politique israélienne de colonisation dans les territoires occupés de Palestine. Cependant, il maintient des contacts permanents avec Israël. De nombreux pays reprochent au Qatar de tenir un double discours. Ce qui lui attire les foudres et les critiques de certains pays arabes méfiants à son égard. Une méfiance qui semble se confirmer à mesure que la Qatar avance ses pions sur l’échiquier international.

L’étrange politique internationale du Qatar

Le Qatar joue les bons offices là où des différends surviennent entre pays musulmans et pays européens, offrant ses bons et loyaux services de sujet fidèle aux diplomaties occidentales. C’est ainsi que les accords de Doha mettront fin aux luttes armées entre factions libanaises (2008). Il prendra également part aux pourparlers entre le gouvernement soudanais et la rébellion conduite par le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE) et l’Armée de Libération du Soudan (ALS). Le Qatar devient dès lors un acteur crédible pour les puissances occidentales. Son ascension au sein de l’UE (Union Européenne) connaîtra un pic dès le début des années 2000, notamment sous l’impulsion du Président Nicolas Sarkozy. C’est par l’entremise de ce dernier que le Qatar investira dans la capitale, notamment en prenant le contrôle du club professionnel de football (le PSG – Paris Saint-Germain). Des allègements fiscaux seront également accordés aux investissements immobiliers entrepris à Paris par les Qataris. Nicolas Sarkozy affirmera : « Il faut aller chercher l’argent là où il se trouve. »

Durant les «Révolutions arabes» le Qatar soutiendra les insurgés Tunisiens, Egyptiens, et prendra même part militairement à la guerre conduite par l’OTAN en Libye. En Syrie, il est farouchement opposé à Bachar Al-Assad, finançant, avec l’Arabie Saoudite, les «rebelles» au régime syrien. Il imposera la reconnaissance par la communauté internationale d’un gouvernement formé par l’opposition supposée syrienne. Marine Le Pen, Présidente du Front National, soupçonne le Qatar de pratiquer un double jeu, c’est-à-dire de prétendre être pour une révolution démocratique dans les pays arabes, tout en soutenant financièrement les radicaux musulmans pro-wahhabites favorables à la charia. Ce double langage s’avère puisque le Qatar, avec son acolyte saoudien, exporte ouvertement son modèle islamique : le wahhabisme. Les Occidentaux ferment les yeux parce qu’ils ont, d’une part, des bases militaires géostratégiques dans ces pays, et sont, d’autre part, plongés dans une crise économique grave — on parle de récession — et ont donc besoin des capitaux qataris et saoudiens, ainsi que de leurs matières premières.

Pour exemple de soumission des dirigeants des émirats du Golfe envers l’occident, sous prétexte d’acheter des avions de chasse et autres équipements en matériels militaires, le Qatar et l’Arabie Saoudite (ils ne sont pas les seuls) paient régulièrement des «subventions» aux pays occidentaux, dont la France. En effet, on ne voit pas l’utilité de ces armes achetées, puisque ces deux pays s’offrent les services de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis d’Amérique pour assurer leur défense. Il s’agit d’un financement via des ventes d’armes ; tout cela est déguisé.

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L’Algérie joue la neutralité et tente des médiations tandis que le Qatar s’ingère dans les conflits de pays arabes frères

L’Algérie, le trublion des «pays non-alignés», est vue d’un mauvais œil par les Qataris. Même si l’Algérie et le Qatar ont récemment signé, à Alger, des accords de coopération et de partenariat dans les secteurs du transport maritime, des hydrocarbures, de la sidérurgie, avec la réalisation d’un projet de complexe sidérurgique à Bellara, d’une capacité de 5 millions de tonnes par an. En effet, l’Algérie déplaît aux responsables Qataris. L’Algérie a, sur un plan politique, mis du temps à reconnaître le fameux CNT libyen et n’a pas directement désavoué Kadhafi dans sa lutte contre les insurgés. Elle n’est pas non plus favorable à un renversement du pouvoir syrien actuel. L’Algérie s’est cantonnée dans une position de stricte neutralité, par rapport aux aspirations des différents peuples, mais elle a de sérieux doutes quant à la sincérité et à la spontanéité de ces révolutions. Des médias arabes rapportent une virulente altercation entre l’ambassadeur d’Algérie au Caire, Nadir Larbaoui, et le ministre qatari des Affaires étrangères,  Cheikh Hamad bin Jassim Al Thani, lors d’une réunion de la ligue arabe en Egypte, consacrée à la fermeture des représentations diplomatiques syriennes dans les pays arabes. Nadir Larbaoui aurait reproché au Qatar une ingérence dans les affaires internes d’un pays ami et frère (la Syrie). Réponse du ministre Qatari : «Votre tour viendra !» Une évidente allusion à une prochaine révolution sur le sol algérien. Nadir Larbaoui va proprement remettre à sa place le ministre qatari : «C’est un complot émanant de vous personnellement et c’est un dépassement envers la loi et la Charte (de la Ligue arabe), et vous êtes à la tête du sabotage, non pas seulement en Syrie mais dans tout le monde arabe. Vous et le Secrétaire général vous commettez des crimes contre la Syrie et la Nation arabe.» Vive récidive du ministre qatari : «Arrêtez de défendre la Syrie parce que votre tour viendra et vous aurez alors besoin de nous». Un Etat, groupement familial despotique, tel le Qatar, peut-il donner des leçons à un pays souverain comme l’Algérie, un pays ayant chèrement acquis son indépendance en luttant contre le colonialisme pendant 132 ans, et en ayant déjà connu sa révolution et ses combats contre le terrorisme pendant plus de 10 ans ? Dans ces années 90 – 2000, les charognards, le Qatar compris, n’attendaient qu’une chose : la chute de l’Algérie pour pouvoir ensuite la dépecer. L’Algérie restera néanmoins debout et tiendra. 

Cependant, on ne lance pas : «Votre tour viendra», sans connaître précisément les données d’une telle menace. Le Ministre qatari Cheikh Hamad bin Jassim Al Thani s’est donc trahi en public. Car il est clair que l’Algérie reste l’obstacle principal à ces réorganisations du Maghreb et de l’Afrique dictées par les Puissants de la Planète (l’Empire). Les sionistes tentent une percée du côté de la Kabylie. Un véritable appel à une autonomie — via une totale indépendance de cette région algérienne — est lancé à partir des officines sionistes d’Europe, avec l’assentiment d’une poignée de Kabyles reniant père et mère, pays et concitoyens. D’autres, en même temps, s’évertuent à nous démontrer combien les Algériennes et les Algériens sont malheureux dans leur pays, tristes et désemparés, dirigés par des généraux corrompus. Que le peuple algérien doit par conséquent prendre les armes et se soulever. BHL dira en substance, et sous forme de supplique et de prière, ceci : « J’attends des valeureux algériens qu’ils fassent de même ». On a envie de lui répondre : « Les Algériens t’ont déjà viré une première fois de leur pays, ils sont prêts à le faire une seconde fois ! » Je rappelle que l’Algérie est encore là et bien présente grâce à son armée et à l’unité de toute la Nation algérienne ; que la presse algérienne est une des plus libres du continent africain ; que la jeunesse étudie et est attachée à son histoire et ses racines ; que les intellectuels, les chercheurs et les politiques travaillent sur une sortie de la rente pétrolière (elle n’est pas éternelle), en allant vers d’autres investissements futurs, notamment les énergies renouvelables ; que l’Algérie de demain se construit aujourd’hui.

Le Qatar et ses amis « banksters » s’acharnent sur l’Algérie, cherchant par tous les moyens à la piéger, à la pousser à la faute, aux conflits internes. Parce qu’elle est l’un des derniers remparts au néocolonialisme, aux diktats du sionisme israélien, né de la diaspora juive internationale, ayant commis le plus grand hold-up du siècle : la confiscation de terres palestiniennes pour les offrir sur un plateau d’argent aux sionistes ; le sionisme, cette idéologie cautionnée par les puissances occidentales et dont l’objectif est la restitution de l’imaginaire «terre promise» au non moins imaginaire «peuple élu». Tout est prétexte à déstabiliser l’Algérie de l’intérieur, jusqu’à cette intervention militaire au Mali dans le but de l’y entraîner ; l’épisode de In Amenas n’a été qu’un test destiné à mesurer les capacités de réaction algériennes. D’où la démonstration de force des unités spéciales algériennes. Un avertissement adressé à tout néocolonialiste égaré dans la région.

Le Qatar travaille sur un CNT algérien

Le Qatar et ses amis travaillent en laboratoire sur un CNT algérien. Quel est le programme ? Promettre aux déchus, aux traîtres répudiés, notamment dans les rangs du FIS (Front Islamique du Salut), le pouvoir dès lors qu’ils accepteraient de créer des divisions au sein de la Nation algérienne par des appels au meurtre et à la révolte lancés depuis l’étranger. Nous avons entendu quelques gémissements (vite étouffés) d’un Abbassi Madani, exilé algérien et menant une vie de pacha au Qatar… justement ! Les Kabyles serviles et intéressés par un hypothétique pouvoir vont être également sollicités. Et ce sont les sionistes, ceux-là mêmes qui dénient tout droit d’exister aux Palestiniens, qui promettent à des traîtres une indépendance. Quelle énormité ! C’est dire le désespoir de quelques apprentis chanteurs de cabaret kabyles réduits à vendre leur âme à des maîtres chanteurs sionistes ! Mais c’est méconnaître le Kabyle, de manière générale, et son attachement à la terre d’Algérie, son patriotisme et son combat loyal pour la liberté de son pays.

Toutes les possibilités d’une déstabilisation politique de l’intérieur de l’Algérie sont actuellement à l’étude. Le Qatar et les services secrets Occidentaux, y compris la CIA, ont ouvert des bureaux d’études destinés à trouver le (ou les) moyen de faire tomber l’Algérie. BHL (Bernard-Henri Lévy) et ses frères sionistes en rêvent jour et nuit. A ces imposteurs escrocs, les Algériens ont toujours répondu par une unité sans faille. Pourvu que cela dure. La France et les Français n’ont aucun intérêt à suivre BHL et et ses alliés ; tout le monde sait que ceux-ci n’oeuvrent qu’à un seul et unique dessein : la consolidation de leur maison mère : Israël (Etat juif et sioniste créé et installé par la force en Palestine).

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BHL aux commandes auprès de Nicolas Sarkozy, Cameron et des membres du CNT libyen

Pour bien comprendre le problème, voici une des principales clés. Les Etats-Unis, le Qatar et l’Arabie Saoudite sont déçus, voire frustrés, de constater que l’Algérie ne sombre pas dans la fièvre du vendredi soir, situation hypnotique et chaotique commanditée par les initiateurs des révolutions arabes. Les Américains sont convaincus qu’il faut désormais installer des régimes islamiques ultra radicaux dans les pays arabes et musulmans. Pourquoi ? Il y a deux réponses majeures. La première : les musulmans veulent instaurer librement des républiques islamiques (la rue arabe le clame). La seconde : les Américains sont très satisfaits des modèles qatari et saoudien. Les deux réponses sont donc complémentaires. Reproduire ces schémas ailleurs — pourvu qu’on leur prête allégeance — est un moyen de réorganiser le monde arabe à son avantage ; un monde arabe qui, de toute façon, aurait été en ébullition. Toutefois, sur ce terrain-là, l’Algérie a plusieurs longueurs d’avance. Elle a déjà eu droit à ses «djihadistes» et à ses révolutions. C’était en 1988. Ce n’est qu’à partir de 2002 que l’Algérie commencera à se stabiliser politiquement, notamment avec l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika. Les émissaires chargés de financer les musulmans les plus radicaux, tout en se déclarant favorables à  la démocratie et à la liberté, sont, pour l’essentiel, les Qataris. Le Qatar favorise le salafisme, l’Arabie Saoudite le wahhabisme. Ce n’est pas la même chose. Les Américains se sont trompés et sont totalement ignorants des complexités du monde arabe et de ses spécificités (les dégâts commis en Irak par Georges W. Bush resteront gravés dans nos mémoires). Mais cela, on le savait. Les Arabes, les Algériens en tête, sont attachés à leur culture, leur histoire, leur civilisation, leur religion, mais ils ne veulent pas d’un islam obscurantiste, perverti et dévoyé. La ruse qui consiste à mettre au pouvoir des islamistes ultras radicaux ne fonctionnera pas. BHL, en ce qui concerne l’Algérie, doit revoir sa copie. Lui aussi s’attendait à un embrasement en Algérie. Preuve qu’il n’est ni un politicien ni un philosophe. On se demande d’ailleurs ce qu’il est et ce qu’il représente encore. Les pays arabes qui ne veulent pas d’un islam radical chez eux ont tout intérêt à soutenir l’Algérie. Elle seule peut déjouer les pièges tendus par ce printemps arabe dont on attend encore les premières éclosions de fleurs. 

Pourtant, c’est l’unité du monde arrive qui s’écrit

L’unité du monde arabe est irréversible ; mais elle ne se fera pas à travers un modèle de démocratie occidental (c’est faire fausse route), mais à travers des guides spirituels capables de réunifier et de ressouder le monde arabo-musulman. Les Qataris et les Saoudiens sont hors-jeu. Le Qatar ne peut que se tenir tranquille. Ses pétrodollars ne pourront éternellement lui servir de parapluie face aux précipitations diluviennes qui vont encore s’abattre sur le monde arabe. Mais là, il ne s’agira plus de printemps arabe mais d’une nouvelle constellation du monde arabe. L’Algérie n’a pas dit son dernier mot. Et puis, ce « votre tour viendra » est tout aussi valable pour le Qatar et ses amis. En quoi ce dernier serait-il mieux que les autres ? L’argent n’a jamais fait le bonheur des gens.

Le jour où les Américains tourneront le dos aux Qataris, parce qu’ils n’auront plus d’intérêts particuliers avec le Qatar, c’est ce dernier qui aura alors besoin de l’Algérie et du monde arabe. Personne ne peut se prévaloir de l’avenir ; Seul Allah sait ce que nous ne savons pas.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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