Quand les beurs démarchaient sur les routes de France

Peu404vitrear

Une marche organisée par des beurs à travers la France pour faire valoir leurs droits. Les médias s’en ficheront complètement. Quant aux politiques de l’époque (gauche et droite) ils maternaient leur bébé-éprouvette qui arrivait à terme : le Front National (FN). La génération Tonton naissait ; une génération aux séquelles encore présentes. La France vivait un terrible racisme qui s’est depuis institutionnalisé. Le FN d’aujourd’hui est arrivé à maturité, c’est le seul changement

 

Les beurs marchent à travers la France pour une reconnaissance

Sortie du film « La marche » le 27 novembre 2013 en France. Ce film retrace l’histoire de jeunes beurs (terme tiré du mot arabe qui donne à l’envers : rebeu puis : beur – ce terme est donc très péjoratif et renvoie ces jeunes ni plus ni moins à leurs origines, une fois de plus) qui avaient entrepris, au début des années 80, de parcourir la France, traversant plusieurs régions (quelques 1.200 km) pour faire valoir leurs droits de citoyens français. C’était en tout cas la démarche affichée. A l’époque, le Front National prenait de l’importance (Dreux) et les Beurs étaient pris pour cibles. On leur tirait dessus comme des lapins. L’homme d’Indochine, dont on rapporte qu’il avait la trouille de mourir et se planquait derrière les soldats algériens, entre autres, pour ne pas s’exposer aux tirs de l’ennemi, faisait régner la terreur en France, s’en prenant aux plus fragiles, aux plus faibles : les immigrés maghrébins et leurs enfants (beurs). Les lâches ne s’attaquent, évidemment, qu’aux plus vulnérables, tout cela est parfaitement logique et cohérent.  

loading...

Tout ça pour arriver à NPNS (ni putes ni soumises…

Trente ans après, les enfants de ces beurs démarcheurs n’ont toujours pas eu gain de cause. Les émeutes de 2005 l’ont tristement rappelé. Il faut dire qu’il n’y a jamais eu de réelle politique d’intégration en France et il n’y en aura probablement jamais. Les Beurs ont de tout temps été courtisés par le PS (Parti Socialiste) au moment des échéances électorales, puis abandonnés à leur triste sort dès les élections passées. Cette marche était, à mon sens, comme une espèce de demande d’aumône, un appel à la pitié. Il fallait, à l’époque, relever la tête, pas demander la charité, ni pleurnicher. En Algérie, on s’inquiétait de la tournure que prenaient les événements en France. Les meurtres et les bavures faisaient régulièrement la une des journaux. Il n’est pas sorti grand-chose de cette marche si ce n’est des officines socialistes telles SOS racisme et plus tard des NPNS (Ni Putes, Ni Soumises) ; fallait quand même oser ! 

S’il y a eu des évolutions favorables pour cette jeunesse issue de l’immigration, elle n’est pas due au fait des politiques, ces derniers s’en contrefichent royalement et c’est le dernier de leurs soucis, elle est due aux combats, à la volonté de jeunes ayant pris leur destin en mains, en s’imposant, tant bien que mal, dans la société française par leurs talents, leurs compétences, leurs qualités humaines, intellectuelles et professionnelles, mais aussi par leur hargne à démontrer qu’ils existent. Ils n’ont à remercier personne. Leur courage a en partie triomphé de la lâcheté de ceux qui les avaient abandonnés aux mains des prétendus libérateurs de la France d’aujourd’hui. La citoyenneté ne s’accorde pas, elle se prend !

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

loading...

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.