Religion : cultiver la différence c’est récolter la défiance

Religion –  » Quand bien même tous les arbres de la terre se changeraient en calames [plumes pour écrire], quand bien même l’océan serait un océan d’encre où conflueraient sept autres océans, les paroles d’Allah ne s’épuiseraient pas. Car Allah est Puissant et Sage  » – (Coran 31:27)

 

De mon temps nous étions disciplinés par rapport à notre religion, moins ostensibles

La religion est affaire personnelle. De mon temps, relativement récent, nous étions des Musulmans discrets. Jeûner, prier et vivre sa religion au quotidien était pour nous (en tout cas pour moi) quelque chose d’intime, de personnel et de nature à nous permettre de garder des valeurs spirituelles et des règles de tolérance, de charité, de bonté, de loyauté et de confiance. Nous étions des Musulmans discrets et ne créions aucune gêne autour de nous. Nous étions respectueux des autres et donc respectés également. Il nous aura fallu beaucoup de temps pour parvenir à obtenir des lieux de prière décents, c’est juste. Mais ce n’est pas parce que nous étions soumis, c’est faux. Nous étions juste moins nombreux et moins turbulents.  

loading...

Aujourd’hui, il y a quelque chose qui me dérange, me pose problème, en fait, je suis partagé, non pas sur l’islam, ma religion (Dieu m’en préserve !), mais parce que tout est fait pour stigmatiser ma religion, non plus par ses ennemis jurés, et ils sont nombreux, mais par ceux-là mêmes qui se prétendent être ses fidèles. Consternés, nous sommes nombreux, à présent, à observer que des «gamins» ayant appris quelques sourates et ne connaissant rien de la profondeur et de la philosophie du message de l’islam, viennent nous donner des leçons de morale et de bonne conduite. Tout cela parce qu’ils ne se rasent plus — c’est leur droit, mais je considère qu’une barbe doit être entretenue — et qu’ils portent des baskets Nike, Adidas ou Reebok, auxquels ils marient une djellaba recouverte par un blouson sur le torse. Cela démontre une espèce de perdition entre deux cultures et deux continents, auxquels ils appartiennent forcément.  

En religion, la discrétion est la meilleure des voies possibles

En effet, un musulman (et à fortiori une musulmane) est désormais reconnu, repéré, vu, entendu et catalogué dès qu’il met le nez dehors. Par ses tenues vestimentaires, pouvant choquer, par une espèce de mode venue d’ailleurs consistant à s’afficher une barbe jusqu’au cou, une djellaba comme au bled. Est-il plus noble de vivre sa religion dans son cœur et sa conscience ou dans le paraître et l’étalement de ses convictions religieuses sur la place publique ? Je préfère, pour ma part, la discrétion, la pudeur, le respect des autres, fussent-ils mes pires ennemis. Quand il n’y a plus de places dans la mosquée, tant pis pour moi. Je rentre à la maison et prie chez-moi. Dieu est miséricordieux. 

Alors, je vous le dis tranquillement, il n’y a pas plus défenseur que moi des minorités, notamment la mienne, vous ne vous rendez service ni à vous-mêmes, ni à vos enfants qui eux devront faire leur vie en France et en Europe. Ne leur compliquez pas la tâche. Ne donnez pas une fausse lecture de l’islam ; une religion ne stipulant nullement qu’il faille se distinguer des autres par des signes ostensibles de ralliement et un jihad d’égarement. L’unique recommandation m’ayant interpellé invite à s’habiller de manière décente, plus particulièrement la femme, et, pour cette dernière, un commandement de rabattre un voile sur  la poitrine. Aprèstout est une question d’interprétation. Pourquoi rechercher les difficultés, alors que tant de facilités s’offrent à nous ? 

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

loading...

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.