Florange : l’Etat ment

Florange : l’Etat ment. Il y a bien longtemps que les finances (et non pas l’économie) ont pris le dessus sur les politiques. La gauche « réaliste » est incapable d’imposer la puissance publique dans les désordres qui naissent du système capitaliste actuel ; des désordres créés pourtant par les spéculateurs financiers ; ces derniers monopolisant des milliers de milliards dans la spéculation au lieu de les injecter dans l’économie de production. C’est l’argent qui fabrique de l’argent en dormant. C’est ce qui a fait s’écrouler le système. Et ce n’est pas fini.

 

Florange : l’Etat ment

Il n’a jamais été – dans l’esprit de toute personne ayant un minimum de connaissance en matière de politique économique – question d’une nationalisation brutale, j’allais dire à la soviétique, au sens strict du terme. C’est-à-dire d’une prise de contrôle étatique qui aurait été catégorique et à long terme. Hormis certains extrémistes (excités) de l’UMP, les Français ont parfaitement compris qu’il fallait que l’Etat impose une discipline en matière de politique sociale et industrielle. Une entité commerciale a une responsabilité sociale. Et la France n’est pas, on l’entend hélas trop souvent, n’importe quel pays ; la France a une grande expérience en matière de gestion. Moralement, la question posée est celle-ci : une firme qui, après consolidation de ses comptes, dégage des bénéfices, a-t-elle le droit de licencier au motif que certains de ses pôles d’activité sont déficitaires ? Les plus grandes sociétés françaises et internationales (il n’y a pas que la France) ont procédé, dans les années 70-80, à une stratégie de filialisation, consistant à rendre juridiquement et fiscalement autonome des petites structures. Et lorsqu’une de ces filiales devient déficitaire (cela aide dans une proportion à payer moins d’impôt sur les bénéfices), elle est fermée et le personnel licencié. Cette décomposition permet de modeler et de remodeler facilement l’ensemble. C’est le cas d’ArcelorMittal qui veut fermer la partie déficitaire du site de Florange.

Florange : l’Etat ment. Une intervention temporaire de l’Etat, comme agent tampon et régulateur, garant de l’économie et de la politique sociale, dans le but d’aider à stabiliser puis relancer une branche d’activité ultra importante pour la sidérurgie française, en s’assurant ensuite de revendre cette acquisition à un repreneur crédible, peut s’avérer nécessaire. Il n’est, en effet, pas dans la vocation d’un État de gérer des hauts fourneaux. Mais dans cette affaire, il fallait du cran, des convictions et du courage pour aller jusqu’au bout de ses idées. Sur ce point, le gouvernement a profondément déçu les salariés d’ArcelorMittal, et au-delà déçu le peuple de gauche. De plus, l’espoir des sidérurgistes français, on l’a bien compris et ressenti, était de se débarrasser de l’emprise de M. Mittal. Un homme, selon les dires des uns et des autres, sans scrupules et sans éthique morale. Ce n’est pas moi qui le dis. Certes, qu’il n’y ait pas de licenciements à Florange est évidemment une bonne nouvelle. Mais la pérennisation d’ArcelorMittal, entreprise sidérurgique essentielle à l’industrie française, aurait été une meilleure solution. Le manque de transparence de la part du gouvernement est flagrant et il est normal dans ces conditions de se poser des questions sur ce qui s’est réellement dit au cours des entretiens entre le gouvernement et M. Mittal. Mon analyse personnelle est que le Premier Ministre J.-M. Ayrault a tenté de donner satisfaction à la fois à M. Mittal et aux organisations syndicales. Et c’est ArcelorMittal, sans aucun doute, qui sort gagnant. Ce dernier finira par organiser des départs volontaires, des mutations, des mises à la retraite anticipée avec garantie de ressources. Juridiquement, il en a le droit.  Cet accord n’est que de la poudre aux yeux. Le MEDEF (Laurence Parisot) a obtenu gain de cause… comme toujours. Rien de nouveau à l’horizon. Ce n’est pas ainsi que la gauche révolutionnera la société. Florange : l’Etat ment.

Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS

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