L’Algérie refuse de s’engager dans une guerre au Yémen

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Yémen – Sollicitée par l’Egypte et l’Arabie Saoudite pour une intervention au Yémen en vue de contrecarrer l’expansionnisme régional de l’Iran chiite, l’Algérie, fidèle à sa politique de non-ingérence dans les affaires d’un pays souverain, a refusé. En effet, l’Algérie veut éviter tout parti pris dans le conflit opposant l’Arabie à l’Iran

 

La guerre au Yémen contre les Houthis chiites 

L’Arabie Saoudite appelle les pays arabes à s’unir et à mener bataille au Yémen contre les milices chiites (Houthis) ayant pris le contrôle dans ce pays tombé en ruines et plongé dans le chaos total. L’opposition entre l’Arabie (sunnite) et l’Iran (chiite) n’est plus un secret. Que les chiites se dressent aux frontières saoudiennes, cela ne pouvait évidemment que déplaire à la puissante monarchie du Golfe. D’où cet appel lancé aux « frères musulmans sunnites ». Dommage que l’Arabie n’ait pas montré autant d’enthousiasme et de volonté à galvaniser le monde arabe en vue de prêter main forte aux Palestiniens, abandonnés aux sionistes israéliens. 

Contrairement à l’Egypte, l’Algérie a refusé d’emblée de prendre part à cette expédition guerrière au Yémen. En effet, les Algériens ont prétexté qu’ils ne voulaient pas être les otages d’un conflit entre Iran et Arabie Saoudite. Selon les diplomates algériens, seule une solution pacifique peut permettre un règlement de cette crise yéménite. De plus, à l’heure où un accord entre Occidentaux et Iraniens semble en passe d’être conclu sur le nucléaire, les Américains seront tentés, par le suite, de lâcher leurs alliés Saoudiens. Et si l’on ajoute à cela que les Algériens ont vigoureusement demandé aux Saoudiens de réduire leur production de pétrole afin de provoquer une hausse sur le prix du baril mais sans obtenir satisfaction, on comprend encore plus le refus et la réticence de l’Algérie. 

Une région plus qu’explosive  

Les conséquences géopolitiques sont également énormes. En effet, les Iraniens sont présents en Irak, en Syrie et au Yémen. Autrement dit, l’accord passé entre les Saoudiens et les Américains — à savoir un approvisionnement illimité en pétrole par l’Arabie contre une sécurité militaire assurée par les USA — risque de tomber à l’eau. Si les Chiites parvenaient à imposer leur volonté, notamment en Irak, en Syrie et au Yémen, cela pourrait représenter encore plus de pétrole et autres matières premières pour l’Amérique. Sachant que la diplomatie américaine privilégie ses intérêts avant tout autre principe, cette question de « l’ami saoudien » ne se poserait plus. 

Mais tout cela pourrait, dans la région, devenir très complexe, tellement la situation est explosive. L’Arabie Saoudite et le Qatar, entre autres, verraient d’un bon œil « l’Etat proclamé islamique » DAESH qui devient un rempart contre le chiisme iranien. Dans ces conditions, la coalition des Occidentaux pourrait également s’effriter, pour se désagréger, à mesure que les uns pencheraient pour une stabilité réputée sûre du monde musulman sunnite, et les autres plus tentés pour des accords avec les initiateurs — dans les années 70 — de la révolution islamique à la Khomeini. 

Alors, si les Occidentaux ainsi qu’Israël ont été à l’origine du Printemps arabe, à des fins d’une reconfiguration de la région du Moyen-Orient, il faudrait bien reconnaître que cette affaire aurait été bien mal préparée, tant, sur le terrain, tout le monde parait désormais dépassé par les événements.

Les Algériens le savent et veillent donc à ne pas succomber aux chants des sirènes. Pendant les années meurtrières (années 80-90) et endeuillées de son existence, l’Algérie était bien seule. Tout le monde, en ce temps-là, n’attendait qu’une chose : que l’Algérie implose et éclate en morceaux. Certains s’en délectaient déjà ! Et Forcément, quand on finit par compter ses amis sur les doigts d’une seule main, alors on ne voit plus du tout les choses comme auparavant.

 Touhami Moualek

mtouhami – INFO PARIS 

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